CPC ; le contrat pas de chance de Ségolène Royal.

13 Avril 2007

Le contrat première chance (CPC) de Ségolène Royal est critiqué de toute part, y compris dans son propre camp. Présenté comme un remède miracle contre le chômage des jeunes non qualifiés et en faveur des petites entreprises, son nom rappelle trop le CPE que Villepin a dû remballer à la suite des manifestations de février-mars 2006.

Dans cette nouvelle mouture des emplois-jeunes de Jospin que serait le CPC, le salaire serait payé par l'État. Ainsi, alors qu'il pourrait embaucher lui-même pour des emplois utiles, l'État paierait tout simplement de la main-d'oeuvre à des patrons. Ce serait évidemment un nouvel effet d'aubaine pour eux et le CPC risque alors de remplacer toute autre embauche dans les petites entreprises. D'autre part, cette longue période d'essai d'un an, qui rappelle les deux ans du CPE, irait encore une fois dans le sens de la disparition du CDI. Et quel serait le salaire ? Le smic ou un montant à discuter ?

La candidate a donné diverses rectifications ou précisions, plus ou moins contradictoires, avant de renvoyer les journalistes à son directeur de campagne qui, déclarant que ces questions de droit du travail sont très complexes, s'est en tout cas félicité du débat !

Ségolène Royal, elle, préfère survoler toutes ces polémiques sur des questions bassement matérielles. À en croire son slogan de campagne, elle est " La France présidente ". Dans une posture qui se veut gaullienne, elle s'écrie : " À partir d'aujourd'hui et jusqu'au 22 avril, je ne m'adresserai plus exclusivement qu'aux Français. (...) Je refuserai de répondre à toutes les attaques, d'où qu'elles viennent. Mais je vous le demande : ne laissez pas déformer les valeurs que je défends. "

Malheureusement, s'agissant du CPC, il n'y a pas besoin de le déformer pour voir quelles " valeurs " patronales inspirent la candidate Royal.

Vincent GELAS