Cargill - Redon (Ille-et-Vilaine) : une mobilisation sans précédent.

13 Avril 2007

Dans cette usine de 170 salariés qui fabrique de la pectine pour les produits alimentaires et qui, depuis six mois, dépend du groupe Cargill, la grève a démarré le lundi 2 avril.

Les effectifs diminuent au fil des départs non remplacés. La charge de travail de ceux qui restent augmente, tandis que certaines tâches comme la maintenance sont sous-traitées ou en voie de l'être. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase est le remplacement d'une démission par un intérimaire. En apprenant que la direction refusait de transformer le contrat en CDI, les ouvriers de la production ont cessé immédiatement le travail à l'appel des syndicats CGT et CFDT.

Jeudi 5 avril, le directeur de Cargill France se déplaçait de Paris pour rencontrer les délégués en " terrain neutre ", à la mairie...

Sur la suppression de poste à l'origine de la grève, la direction n'a cédé qu'en partie : ce poste qui était un CDI sera remplacé par un CDD de 18 mois, au lieu d'un intérimaire comme prévu initialement, et les retenues de salaires pour la grève seront étalées.

Sur le reste des revendications, la direction ne veut pas " discuter avec des grévistes ", c'est contre ses principes ! Elle a demandé l'arrêt de la grève pour lancer les négociations, notamment sur les salaires. Vendredi matin 6 avril, les grévistes ont finalement voté la reprise du travail pour le lendemain samedi, en prévenant que, si les autres revendications n'étaient pas rapidement satisfaites, ils étaient prêts à remettre ça.

Le directeur national a pu constater le mécontentement quand il a finalement rendu visite aux entrepôts : chacun a pu lui dire son fait, et il a avoué qu'il n'imaginait pas que la mobilisation était aussi large. D'ailleurs, vendredi 6 avril, deux autres sites du groupe ont également débrayé, dans le Finistère et dans la Manche.

Alors, même si le travail reprend, les grévistes sont fiers de cette mobilisation qui a resserré les liens entre tous.

Correspondant local