Arkema - Saint-Avold (Moselle) : non au plan Pognon !

13 Avril 2007

À l'usine Arkema de Carling en Moselle, le patron, M. Pognon, le bien nommé, vient de dévoiler un plan appelé " performance ", qui prévoit de supprimer 58 emplois en plus de tous ceux classés en sureffectif par la direction, soit au total une centaine d'emplois. Le site est classé Seveso 2, mais ce n'est visiblement pas le problème de la direction pour qui seule compte la sécurité des profits.

Suite à la fusion, il y a quelques années, des trois grands pétroliers Total, Elf et Fina, la plateforme chimique de Carling est devenue la propriété du groupe Total, première entreprise du CAC40, avec plus de 12 milliards de bénéfices. Il y a trois ans, estimant que c'était moins rentable que le pétrole, Total s'est séparé de sa chimie en créant deux nouvelles sociétés : Arkema et Total Petrochemicals.

À l'époque, 300 suppressions d'emplois sur le site de Carling ont été annoncées, pour rendre la mariée plus belle pour la mise en Bourse. On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, mais on attrape les actionnaires avec des suppressions d'emplois.

La deuxième conséquence a été l'accroissement de la charge de travail pour les salariés qui restaient, bien sûr sans augmentation de salaire, sous prétexte de " pérenniser les emplois ". On voit le résultat !

Aujourd'hui, Arkema vient de renouer avec les bénéfices. Le groupe compte doubler sa marge bénéficiaire d'ici 2010 et, malgré les discours alarmistes de la direction, les actionnaires sont très optimistes : le cours de l'action a augmenté de 40 % en moins d'un an.

L'annonce du plan d'Arkema fait suite à celle de Total Petrochemicals qui, à l'automne dernier, a programmé encore 243 suppressions d'emplois. Des ateliers vitaux pour l'avenir de l'usine, comme un des deux vapocraqueurs longtemps considérés comme le coeur de la plate-forme, devraient être fermés. Les conséquences sont à moyen terme la remise en cause de l'ensemble des activités de Total et d'Arkema à Carling, ainsi que d'Ineos à Sarralbe, dépendant de la production de Carling. Les syndicats estiment que 2 000 emplois sont menacés dans les années à venir.

Autant dire que la nouvelle vague de suppression d'emplois, chez Arkema comme chez Total Petrochemicals, ne passe pas. Total a annoncé vouloir aider à la " revitalisation " du site. Mais personne n'est dupe, car il est bien plus facile pour les patrons de supprimer des emplois que d'en créer. Interdire ces nouvelles suppressions d'emplois serait la moindre des choses en regard des bénéfices pharaoniques qu'a réalisés Total.

Étienne HOURDIN