Industrie automobile - Les résultats sont en baisse... mais les trusts vont bien!

16 Février 2007

PSA et Renault viennent de publier leurs comptes 2006 alors que voilà des mois qu'un véritable choeur de pleureuses se lamente sur le sort des trusts français de l'automobile.

Pour PSA, la baisse des ventes est très minime, de 0,7% sur l'année, tandis que le chiffre d'affaires, lui, augmentait légèrement, de 0,6%. Mais dans les usines, les directions organisent une propagande mensongère à l'aide de réunions et d'affichages de tableaux sur «l'effondrement» du résultat net de 83%.

En fait, PSA a déclaré 176 millions d'euros de bénéfice net en 2006, contre 1,029 milliard en 2005, 1,646 en 2004 et 1,497 en 2003. La baisse du bénéfice s'explique en grande partie par les 429 millions dépensés pour fermer l'usine de Ryton en Angleterre et supprimer des emplois chez Faurecia. Ce n'est pas encore la misère pour PSA: les vaches sont tout juste un peu moins grasses cette année que les années précédentes.

Bien sûr, cette annonce sert au tout nouveau PDG Christian Streiff, l'éphémère patron d'Airbus, de prétexte pour annoncer un plan de réduction des coûts -les coûts en question étant les salaires, pas les dividendes des actionnaires auquel le groupe a généreusement versé l'an dernier 317 millions d'euros, sans parler des 45millions de pourboires donnés aux principaux dirigeants sous forme de stock-options.

Streiff se plaint que les usines du groupe sont prévues pour fabriquer 4millions de véhicules mais n'en produisent que 3,4millions. Streiff voit les usines depuis son bureau feutré de l'avenue de la Grande-Armée, un quartier chic de Paris, pas du côté des chaînes de production où les rythmes de travail sont de plus en plus durs. Mais si le patron de PSA veut des voitures, qu'il augmente les salaires et les effectifs.

Ce n'est pas le chemin qu'a pris le nouveau PDG. Il annonce que les primes d'intéressement et de participation seront presque divisées par deux: diminuer encore la part des travailleurs pour augmenter celle d'actionnaires qui ont accumulé des fortunes, voilà pourquoi la famille Peugeot, principal actionnaire du groupe, paie cher des PDG, qu'ils s'appellent Folz ou Streiff.

Étienne HOURDIN