Saint-Ouen (93): après l'évacuation d'un immeuble : trois familles encore sur le carreau.

01 Novembre 2006

Trois familles continuent à camper, dans l'attente d'un hypothétique relogement, non loin de la mairie de Saint-Ouen barricadée et défendue par la police.

Après trois semaines sous un abri de fortune dans un campement dressé devant la mairie, ces trois dernières familles expulsées du 4, rue Jules-Verne ont été évacuées par la police le 25 octobre au matin. Une partie du personnel municipal appelé pour aider au travail de rangement et de nettoyage avait d'ailleurs refusé de faire ce travail, n'appréciant pas de s'en prendre à ces gens.

Ces familles sont les dernières rescapées de la quarantaine de familles installées dans un immeuble parfaitement insalubre, dont une partie menaçait de s'écrouler et qu'il avait fallu évacuer. La plupart des familles, après accord entre la mairie, le propriétaire et la sous-préfecture, avaient été relogées entre novembre 2005 et juillet 2006. Les douze familles restantes avaient été hébergées à l'hôtel avec promesse de relogement. Mais cet hébergement avait été stoppé pour trois familles le 5 octobre et elles se retrouvaient donc à la rue.

Sans papiers bien qu'étant régularisables de plein droit ou répondant aux critères de la circulaire Sarkozy (une personne parmi elles est en France depuis seize ans, mais beaucoup sont ici depuis au moins sept ans) ces familles ont un travail, des enfants scolarisés.

Soutenues par l'association DAL de la ville, elles avaient obtenu dans une première entrevue à la sous-préfecture l'examen de leur dossier de régularisation et une proposition d'hébergement à Vaujours, près de Roissy. Elles avaient refusé cet hébergement loin de toute desserte, très loin de leur lieu de travail et de l'école que fréquentaient les enfants, et il n'y avait même pas la possibilité de faire la cuisine!

Une deuxième entrevue à la sous-préfecture a eu lieu après l'évacuation. Elle a tout de même débouché sur la confirmation du réexamen du dossier de régularisation. Mais quant au relogement, en attendant de nouvelles propositions qui devaient arriver lundi 30 octobre, les familles étaient hébergées par des personnes de la ville qui leur apportent ainsi un soutien. Mais le 30 octobre, les familles décidées à revenir camper devant la mairie ont trouvé pour toute réponse les CRS qui les ont empêchées violemment de se réinstaller, opérant des arrestations et distribuant des coups. Certains de leurs soutiens se sont vu menacer de poursuites pour hébergement en HLM de personnes sans papiers.

Pour l'instant, ces familles continuent de camper non loin de la place de la mairie. Heureusement, le soutien qu'elles rencontrent leur permet encore de tenir.

Correspondant local