Le scandale des expulsions ! le logement doit être un droit.

01 Novembre 2006

Depuis mercredi 1er novembre, comme chaque année, les expulsions de locataires sont suspendues, et ce jusqu'au 15 mars 2007, sauf pour les familles qui pour s'abriter n'ont trouvé d'autre solution qu'occuper illégalement un logement. Celles-là restent sous la menace de l'expulsion policière.

Comme les années précédentes, en 2005, plus de 100000 décisions judiciaires d'expulsion de familles en location ont été prononcées. C'est en général pour des loyers impayés, d'autant plus qu'en Ile-de-France les ménages les plus pauvres consacrent au loyer 40% de leurs revenus.

Sur ces 100000 décisions d'expulsion, 20500 se sont accompagnées de menaces d'intervention de la police et 9000 familles qui résistaient ont été effectivement jetées de force à la rue par celle-ci. Elle est requise plus fréquemment qu'avant pour déloger les locataires, car les préfectures ont pour consigne de réduire le montant des indemnisations versées aux propriétaires lorsque ceux-ci n'ont pas obtenu l'application de l'ordonnance d'expulsion de leurs locataires.

Fin octobre, plusieurs expulsions se sont traduites par des drames. Par exemple, à Cannes, un retraité de 76 ans, jeté à la rue pour un impayé de 1350 euros, a trouvé une mort horrible dans l'incendie qu'il avait lui-même allumé par désespoir. Son logement était à deux pas de la Croisette et de ses spéculateurs immobiliers.

Pour expulser, défendre les propriétaires bailleurs, les préfets n'ont pas souvent d'états d'âme. Et jamais ils n'ordonnent la réquisition de logements et bureaux vides, alors que la loi le leur permet, pour y loger ceux qui en ont absolument besoin, même s'ils n'ont qu'un budget très modeste.

Mais, cet hiver encore, les responsables gouvernementaux verseront sans doute, en public, une larme hypocrite sur les sans-logis et les mal-logés qui s'entassent dans des taudis ou des hôtels pourris.

Louis BASTILLE