Budget de la marine de guerre : c'est l'île au trésor !

01 Novembre 2006

En visite au Salon de l'industrie navale militaire qui s'est ouvert le 25 octobre, la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a fait quelques emplettes et confirmé quelques commandes.

Il s'agit de six sous-marins nucléaires d'attaque, à un milliard d'euros pièce, de dix frégates à 400 millions l'une, de 250 missiles pour équiper tous ces navires (prix non communiqué) et bien sûr du projet de construire un deuxième porte-avions. Pour ce dernier, 700 millions d'euros ont déjà été débloqués, uniquement pour faire les études. Avec une grande franchise la ministre dit même qu'il s'agit de dépenser beaucoup d'argent le plus vite possible de façon à ce que la construction du porte-avions devienne "irréversible", sous-entendu même en cas de changement de majorité. On n'est jamais trop prudent.

Ces commandes s'ajoutent au renouvellement en cours des missiles intercontinentaux embarqués par les sous-marins (huit milliards d'euros) et aux soixante avions Rafale prévus pour le porte-avions. Tout compris, le programme d'équipement de la marine de guerre représente vingt milliards d'euros. Ce budget est certes étalé sur plusieurs années, mais il est susceptible d'augmenter. D'une part parce que les prix sont souvent révisés à la hausse en cours de route (le prix du porte-avions Charles de Gaulle en service actuellement a ainsi augmenté de 30% entre la commande et la livraison). D'autre part parce que d'autres commandes peuvent intervenir. L'amiral Alain Oudot de Daimville, chef d'état-major de la marine, demande en effet que l'on renouvelle rapidement les quatre pétroliers ravitailleurs et quelques autres babioles flottantes.

Les marchés passés par la marine de guerre se répartissent presque exclusivement entre EADS (Lagardère), Thalès et Dassault. Le quatrième larron, la DCN, qui construit les coques des bateaux, est en passe d'être vendue pour une somme tout à fait modique à Thalès.

Pour l'instant, et heureusement, tous ces navires ne servent pas à aller conquérir le fabuleux métal. Au fond, ils constituent eux-mêmes le trésor que les marchands de canons n'ont aucun mal à conquérir. L'État le leur offre.

Paul GALOIS