Baisse du chômage... dans les statistiques : les chiffres nouveaux sont arrivés.

01 Novembre 2006

Damant le pion à tous ses ministres, mardi 31 octobre, Chirac a annoncé les chiffres du chômage dans un entretien avec Le Figaro. Et, bien sûr, ils étaient meilleurs que ceux du mois dernier. En août, le taux de chômage était remonté à 9%. En septembre, il serait tombé à 8,8%, avec 30 400 chômeurs de moins. Ce que ce gouvernement appelle un "bon résultat" même si, selon les chiffres officiels, 2,1 millions de travailleurs restent sans emploi.

Selon le ministre délégué à l'Emploi et au Travail, Larcher, cela proviendrait de la création de 200000 emplois sur l'année. Pour Borloo, cela ne peut être que le résultat de son action au ministère de la Cohésion sociale. Même la présidente du Medef, Laurence Parisot, s'est félicitée de ce qu'elle appelle "ces chiffres heureux", fruits, selon elle, de la mobilisation de son organisation. Mais apparement pas des adhérents du Medef qui continuent de licencier depuis la fin de l'été!

Derrière cette autosatisfaction, qui fleure bon la veillée électorale, se dissimule une mauvaise cuisine. Depuis longtemps, le mode de calcul du nombre des chômeurs modère le chiffre officiel d'environ un demi-million, puisqu'il ne prend en compte que les demandeurs d'emplois ayant travaillé moins de 78 heures dans le mois. D'autre part, les agences nationales de l'emploi ont depuis des semaines la consigne de radier les chômeurs de leurs listes, et le font parfois sous n'importe quel prétexte.

Et, en conséquence, le nombre d'allocataires du RMI ne cesse de grimper. C'est pourquoi ils sont 1,25 million, 200000 de plus qu'il y a quatre ans, sans toutefois être comptabilisés dans le nombre des chômeurs, alors qu'on leur reproche à eux aussi de ne pas chercher d'emploi. Et on comprend ce qu'ont en tête les pouvoirs publics, qui cherchent à changer les règles du RMI pour radier certains allocataires.

Quelle que soit la manière dont ils sont élaborés, ces "chiffres heureux" sont bons à prendre pour le gouvernement. Et qu'importe si le patronat, lui, continue de licencier en toute impunité, et que les chômeurs n'ont le choix qu'entre retrouver un emploi généralement moins bien payé et plus précaire (et offrant, en prime, une aide à leur exploiteur) ou de rejoindre les rangs de ceux qui doivent survivre avec le RMI.

Jacques FONTENOY