Sans-logis de Cachan : Sarkozy mène sa campagne avec la peau des immigrés27/09/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/09/une1991.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Sans-logis de Cachan : Sarkozy mène sa campagne avec la peau des immigrés

Au moment où nous écrivons, deux cents personnes et cent enfants sont toujours entassés dans le gymnase Belle-Image de Cachan. Depuis quarante jours!

Volontairement, par calculs politiciens, le gouvernement laisse la situation perdurer et les conditions sanitaires se dégrader. Un cas de tuberculose a été détecté ainsi que deux cas de varicelle. Désespérés, six des sans-logis sont en grève de la faim depuis 36jours. De son côté, la police de Sarkozy multiplie les provocations et les interpellations autour du gymnase.

Pourtant, dès le mois d'août, deux possibilités de relogement provisoire de l'ensemble de ces familles avaient été proposées. La première, à Cachan même, dans un foyer de jeunes travailleurs de 300 chambres, inoccupé, en attente de réhabilitation mais parfaitement habitable, appartenant à la Caisse des Dépôts et Consignations, donc à l'État. Mais à peine cette solution avait-elle été avancée que des engins de chantier ont commencé sa destruction.

L'autre possibilité, ce sont des locaux du CEA appartenant au ministère de la Défense, désaffectés depuis six ans, situés à Limeil-Brévanne, dans lesquels le conseil général du Val-de-Marne s'est engagé à réaliser en peu de jours les quelques travaux nécessaires pour les rendre habitables.

Le 8 septembre, le maire de Limeil-Brévanne, Joseph Rossignol, prenait, en accord avec les délégués des sans-logis, un arrêté de réquisition. Mais le préfet Tomasini, représentant direct de Sarkozy, engageait aussitôt un recours en référé contre cette réquisition. Le 21 septembre, le juge du tribunal administratif de Melun donnait raison au préfet. Il prétextait que les sans-logis étaient à Cachan alors que le CEA est à Limeil-Brévanne... à quelques kilomètres. Il invoquait également l'existence d'amiante qui, en réalité, ne présente pratiquement aucun danger dans cette construction, puisque se trouvant uniquement dans la colle de fixation des dalles du sol.

Lors des rassemblements de solidarité de ces derniers jours devant le gymnase de Cachan, les sans-logis ont dénoncé les agressions de la police et les blessures qu'elle leur a fait subir, ainsi que les arrestations et les expulsions du territoire de deux Maliens qui laissent ici leurs femmes et leurs enfants.

Les familles du gymnase de Cachan ne veulent pas être dispersées dans des hôtels du type Formule1, sans cuisine, situés dans des zones industrielles sans commerçants, éloignés de leur travail et des écoles, avec des loyers qu'ils ne peuvent pas payer même avec des aides. Ces familles veulent être relogées toutes ensemble, afin de continuer à vivre collectivement et de s'entraider comme elles le faisaient depuis quatre années.

Face à tous les mauvais coups que le gouvernement leur porte, elles savent que seule leur union fait leur force pour obtenir des papiers et des logements corrects.

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