Violences policières : Un manifestant dans le coma

23 Mars 2006

À la fin de la manifestation pour le retrait du CPE, samedi 18 mars, la police a chargé violemment les manifestants. Cyril Ferez, militant du syndicat SudPTT, grièvement blessé et souffrant d'un traumatisme crânien, est aujourd'hui dans un coma profond. La préfecture de police, après avoir, au lendemain de la manifestation, fait état de 34 policiers et de 18 manifestants blessés, sans dire un mot de Cyril Ferez, a dû se résoudre à ouvrir une enquête.

D'ores et déjà, elle cherche à se disculper en affirmant qu'il était "parfaitement conscient et vif, mais dans un état éthylique avancé" à son arrivée à l'hôpital. Mais pour de nombreux témoins directs, ce sont bien les CRS qui sont les responsables du drame. Selon un photographe, "il a pris un coup direct à la tête, il s'est effondré comme une masse, ils ont continué à le frapper alors qu'il était au sol". Selon un autre témoin, "ils ont commencé à le frapper avec leurs matraques de manière extrêmement violente... J'ai clairement vu qu'il avait reçu un coup en pleine face au niveau de l'oeil droit... Ils l'ont ensuite laissé sur place comme un chien."

Devant l'émotion suscitée par ces violences policières, par le comportement des médias qui cherchent à rendre l'agressé responsable de son état entre la vie et la mort, un rassemblement appelé le mardi 21 mars par le syndicat Sud-PTT, avec la participation de la CGT et de la FSU, a regroupé en début d'après-midi environ 200 manifestants tout près du ministère de l'Intérieur.

C'est Sarkozy lui-même qui a reçu une délégation des syndicats Sud, CGT et de la Ligue des Droits de l'Homme. Le compte-rendu du représentant de la LDH après cette entrevue résume bien la façon dont Sarkozy veut se mettre à l'abri: il a, semble-t-il, beaucoup de choses à dire avec des témoignages sur la situation avant les événements, après les événements, mais rien à dire sur les événements eux-mêmes, contrairement aux témoins présents sur les lieux!

Et même s'il s'est engagé à donner toutes les informations aux organisations présentes, on sait ce qu'il en est de tels engagements. Les syndicats ont demandé la mise en place d'une "commission d'enquête indépendante", au vu des déclarations des autorités à la presse.

Tout le monde s'est séparé en se donnant rendez-vous aux manifestations du 23 et à la grève interprofessionnelle du 28 contre le CPE.

Correspondant LO