Verneuil-sur-Avre (Eure) : L'Éducation nationale n'aime pas remplacer les enseignants en congé

23 Mars 2006

À l'école maternelle de Vlaminck de Verneuil-sur-Avre, une des six institutrices attend un bébé. Trois semaines avant son départ en congé de maternité, elle tombe malade et doit s'arrêter. La directrice demande aussitôt une remplaçante à l'Inspection de Verneuil qui refuse de lui envoyer quelqu'un non seulement pour remplacer l'enseignante durant son congé de maladie mais y compris au-delà, durant le congé de maternité. Et peut-être même jusqu'en juin, à la fin du congé de maternité. La directrice va devoir se débrouiller, répartir la vingtaine de bambins de moins de trois ans dans les autres classes, demander aux parents de les garder, etc.

Mais ces derniers se mobilisent. Ils font signer une pétition, réclament une explication de l'inspectrice, alertent la presse. Les journaux locaux, très lus, expriment cette colère. Du coup l'inspecteur d'académie d'Evreux trouve une solution: il y a une élève à l'Institut de formation des maîtres qui pourrait faire l'affaire. Seul problème, elle est déjà affectée ailleurs. Qu'à cela ne tienne, quitte à déshabiller Pierre pour habiller Paul comme c'est souvent le cas à l'Éducation nationale, l'élève-enseignante est réorientée sur Verneuil. En moins de deux jours, les parents avaient gagné.

L'affaire aurait pu en rester là. Mais, rancunier, vexé de s'être fait forcer la main, l'inspecteur d'académie accompagne la nomination d'un communiqué filandreux où il tente de justifier l'Éducation nationale et, surtout, il convoque la directrice de la maternelle en vue d'une sanction. Il lui reproche d'avoir trop informé les parents, de s'être départie de son "devoir de réserve", autrement dit d'avoir été solidaire des parents et non de l'Éducation nationale.

Alors, pour la soutenir les enseignants du département se mobilisent à leur tour. Et il est probable que l'Inspection d'académie n'en a pas fini avec cette affaire!

Correspondant LO