Paris : Des moyens pour la petite enfance!

23 Mars 2006

Mardi 14 mars, à l'appel d'une intersyndicale, le personnel travaillant en petite enfance à la Ville de Paris était en grève et de nombreuses crèches étaient fermées. Une assemblée générale regroupant plus de 600 personnes s'est réunie, pour discuter de la surcharge de travail et de la dégradation de la qualité de l'accueil.

En effet, le temps de travail des adultes qui s'occupent des enfants a diminué, mais les embauches n'ont pas compensé cet allégement du temps de travail. En plus, les normes (qui sont de deux auxiliaires de puériculture pour treize enfants) sont calculées sans tenir compte du fait que le personnel travaille 7h45 par jour, alors que c'est bien souvent pendant dix heures que les enfants séjournent à la crèche.

Delanoë ayant promis d'ouvrir 4500 places d'accueil supplémentaires pendant sa mandature, les maires d'arrondissement ainsi que la DFPE (Direction des familles et de la petite enfance) font pression pour que les établissements soient remplis au maximum, voire au-delà de la capacité prévue. On demande aussi aux équipes d'accueillir des enfants à temps partiel, avec la surcharge de travail que cela entraîne, que ce soit pour les personnels (connaissance des enfants et de leurs habitudes, changements de literie, etc.) ou pour les directrices (tarifications à faire, par exemple).

La DFPE s'est récemment déclarée consciente de la nécessité de recruter, mais prétend qu'elle ne trouve pas d'auxiliaires de puériculture formées! Tout cela parce qu'elle a le projet, depuis des années, d'abaisser encore la qualité de l'accueil et les coûts salariaux, en embauchant auprès des enfants une proportion de personnel non qualifié.

Quant aux assistantes maternelles agréées qui accueillent des tout-petits à leur domicile, elles sont en principe encadrées, conseillées et contrôlées. À Paris, ce rôle est essentiellement dévolu à des assistantes sociales. Mais chaque assistante sociale a en charge entre 50 et 60 assistantes maternelles!

Enfin, les consultations de Protection Maternelle et Infantile périclitent, faute de moyens, alors que, entièrement gratuites, elles faisaient un bon travail de dépistage, de prévention, d'accueil et de conseil aux jeunes parents. Les locaux sont souvent vétustes et inadaptés, et l'administration parisienne n'arrive plus à recruter des médecins, et encore moins à les conserver, du fait de la faiblesse des salaires.

Alors, il serait urgent que la municipalité investisse dans la petite enfance. Ce serait plus important que bien des dépenses d'image ou de prestige faites jusqu'à présent.

Correspondant LO