Non aux lois contre les immigrés!

23 Mars 2006

Le projet de loi Sarkozy relatif à l'immigration doit être présenté au Conseil des ministres mercredi 29 mars. Cette loi, si elle est adoptée, prétend organiser une immigration "choisie" et éviter une immigration "subie", selon les termes de ses promoteurs.

Des centaines de milliers de sans-papiers ne pourront plus être régularisés, même s'ils travaillent en France depuis plus de dix ans, même s'ils y vivent en famille. Et ils sont à la merci des rafles et des expulsions, qui se multiplient.

Les étrangers en situation régulière ne pourront plus faire venir des membres de leur famille car les conditions imposées, de revenus, de logement et d'intégration, rendent presque impossible le droit au regroupement familial. De même, le mariage avec une personne étrangère sera plus sévèrement soumis à contrôle.

Le 13 mars, le gouvernement a même prolongé son opposition à la libre circulation en France des travailleurs des dix pays qui ont adhéré à l'Union européenne en mai 2004.

Les mesures contre les étrangers que la loi Sarkozy veut mettre en place en France existent déjà dans certains pays d'Europe et d'autres les mettent aussi en vigueur. Les frontières de l'Europe se hérissent de barbelés et de grillages électroniques, pour repousser toujours plus loin les candidats à l'immigration. Ceux-ci sont les proies et les victimes de filières mafieuses, comme cela s'est produit récemment au large des côtes de Mauritanie.

Les États veulent organiser le trafic de main-d'oeuvre, dont leur économie a besoin, avec des quotas de travailleurs immigrés sélectionnés en fonction de "leurs compétences et talents", comme dit Sarkozy, en ne leur attribuant que des cartes de séjour provisoires, liées à la durée de leurs contrats de travail. Il s'agira de travailleurs qualifiés, immédiatement exploitables et dépourvus de tout droit.

Les gouvernements savent que cela n'arrêtera pas l'immigration clandestine de tous ceux qui sont obligés de fuir la misère pour survivre. Ils le savent d'autant plus que ce sont les États d'Europe qui en sont les premiers responsables.

Louis BASTILLE

Le collectif Uni(e)s contre une immigration jetable, dont Lutte Ouvrière est partie prenante, organise dimanche 2avril après-midi, place de la République à Paris, un rassemblement-débat suivi d'un grand concert, qui sera ainsi une occasion d'exprimer son opposition au projet de loi contre les étrangers du gouvernement Villepin-Sarkozy.