Gaz: Les bénéfices s'envolent, les factures flambent

23 Mars 2006

Au moment même où Jean-François Cirelli, le PDG de Gaz de France, a présenté "un bénéfice historique", en hausse de 29%, le gouvernement a accepté une nouvelle hausse des tarifs du gaz au 1er avril.

Ainsi, cette nouvelle augmentation va s'ajouter à la hausse de 12% des tarifs du gaz décidée en novembre dernier. Le gouvernement avait alors avalisé cette hausse, tout en demandant à Gaz de France d'en atténuer l'impact par une ristourne sur l'abonnement.

Après avoir déjà relevé ses tarifs en juillet, septembre et novembre derniers, GDF voudrait alourdir encore la facture du gaz de 5,8% en avril, puis demande à nouveau à l'État l'autorisation de le faire 1er juillet. "Si nous demandons cette hausse, ce n'est pas parce que nous fusionnons avec Suez, mais parce que nous ne pouvons vendre au-dessous de nos coûts", a déclaré Cirelli. Entré en Bourse en juillet, GDF gratifie déjà ses actionnaires d'un dividende de 0,68euro, en hausse de 48%. Et son PDG promet d'ores et déjà de verser un dividende supérieur à un euro par action "dès 2006". Le choix de cette nouvelle hausse du prix du gaz doit satisfaire les voeux des actionnaires. D'ailleurs, dès que la demande d'augmentation de tarifs a été connue, le titre GDF a grimpé de 2% à la Bourse. Et plus l'action Gaz de France monte, mieux cela vaut pour la fusion avec Suez, qui est prévue sur la base d'une action Suez pour une action Gaz de France.

En tout cas, la seule limite à la voracité des dirigeants de Gaz de France serait la crainte d'avoir à s'expliquer, non plus devant un conseil d'administration, mais face à des travailleurs et des usagers qui ne veulent plus être des vaches à lait pour les actionnaires.

Annie ROLIN