Dans le Nord : Non aux suppressions de postes dans l'enseignement!

23 Mars 2006

Dans l'agglomération de Lille, plusieurs collèges sont en lutte contre les suppressions de postes pour la rentrée prochaine. 636suppressions de postes d'enseignants sont annoncées dans l'académie, après 895 en 2005.

Le prétexte hypocrite est toujours la baisse du nombre d'élèves. Mais cette année il faut 125 élèves de plus pour créer un poste, et 11 élèves de moins pour en supprimer un.

Ainsi, le collège Jean-Baptiste-Lebas, à Roubaix, est pourtant classé "ambition réussite", mais depuis plus de cinq ans, il perd des postes.

À la rentrée, le rectorat veut y supprimer 4,5 postes ainsi qu'une classe de 3eInsertion. Cela signifie une hausse des effectifs dans les classes et un enseignement réduit aux "horaires-planchers": restriction des heures de cours, démantèlement des projets éducatifs et, surtout, fini l'accueil des primo-arrivants et les cours de français pour les aider à s'insérer, finis tous les projets qui donnent accès à un peu plus de culture, dans un quartier très pauvre.

Avec les parents, nous avons mis en place une opération "collège vide", c'est-à-dire qu'ils n'envoient pas leurs enfants à l'école. Cela a commencé avant les vacances de février et cela a repris depuis la rentrée, en alternance avec plusieurs journées de grève. Le collège est aussi occupé la nuit et nous avons manifesté souvent: devant le rectorat, en ville, à Lille lors des journées d'action, et à Roubaix samedi 11mars.

L'inspecteur d'académie adjoint qui a daigné nous recevoir s'est montré rigide et méprisant, refusant de nous écouter. Son attitude arrogante envers les parents présents (il leur a dit que ce n'était pas de sa faute si les parents avaient des problèmes avec leurs enfants) a relancé la colère de tous les parents et les enseignants.

Le 6mars, reçus par l'inspecteur lui-même en mairie de Roubaix, "terrain neutre" d'après le maire, en présence de l'équipe municipale, nous avons eu la même réponse: pas de postes mais des heures supplémentaires, dont nous ne voulons pas. Nous continuons donc à nous battre!

De même, au lycée et lycée professionnel Gustave-Eiffel d'Armentières, sur 185postes, 17,5 suppressions ont été annoncées pour la rentrée 2006, ce qui a déclenché la colère car cela signifie la hausse des effectifs dans les classes, la fermeture d'une section BTS, la suppression d'heures en espagnol et en philosophie, alors qu'elles devront être assurées à la rentrée...

Avec les parents d'élèves, une journée "lycée mort" a été décidée pour le jeudi 9mars, préparée par une journée de grève le lundi 6mars. Ce jour-là, un collègue sur deux au lycée, un sur trois au LP se sont mis en grève. Le 9, nous avons manifesté à 300 dans Armentières et pris contact avec d'autres établissements.

La détermination ne faiblit pas: de multiples actions sont organisées régulièrement (sit-in, assemblées inter-établissements...) et nous nous retrouvons aussi, avec beaucoup d'autres établissements, dans la mobilisation anti-CPE.

Correspondant LO