Italie : Le soutien ouvert de la CGIL à Prodi15/03/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/03/une1963.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Italie : Le soutien ouvert de la CGIL à Prodi

Parallèlement au ralliement de Rifondazione Comunista à Prodi, c'est au sein du plus grand syndicat italien, la CGIL, qu'on a vu l'opposition interne se rallier à la direction de cette confédération, proche du principal parti de gauche, les DS (Démocrates de gauche - ex-PC italien). Elle a décidé en effet de ne pas présenter de document alternatif au cours du congrès de la CGIL, qui s'est tenu en ce début mars. À la veille d'élections qui pourraient ramener le centre-gauche au gouvernement, cela est particulièrement significatif.

En effet, le secrétaire de la CGIL Epifani s'est prononcé pour un "pacte de législature" avec le prochain gouvernement Prodi, défini comme "gouvernement ami". Epifani a même déclaré voir de nombreux "points de convergence" entre le programme de la confédération et celui de "l'Unione" dirigée par Prodi. Mais si de telles convergences existent, c'est parce que le programme de la CGIL lui-même est tout aussi flou que celui de l'Unione.

Prodi a pu prononcer, devant le congrès CGIL, un discours centré sur le thème du "déclin" de l'Italie, un thème commun aux syndicats et à la confédération patronale, la Confindustria. Tous déplorent en effet ce soi-disant "déclin" de l'économie italienne, un déclin qui, s'il existe, n'est pourtant pas celui des profits patronaux, qui explosent.

Prodi a donc promis une "politique industrielle", censée aider les entreprises italiennes dans la concurrence, par exemple grâce à des dégrèvements fiscaux, et dit aussi qu'il ne pourra garantir les droits sociaux que "si le pays retrouve sérieusement la croissance". Et de préciser aussi qu'il est pour "la flexibilité qui permet aux entreprises d'être compétitives" mais contre "cette flexibilité qui, au nom de la réduction des coûts, se traduit en précarité". Comprenne qui pourra...

En fait, loin par exemple de s'engager à abroger la "loi Biagi" du gouvernement Berlusconi qui instaurait la précarité dans tous les domaines, Prodi a simplement parlé de lui apporter des "modifications significatives". Le secrétaire de la CGIL ne lui a même pas demandé de préciser lesquelles.

En revanche, toujours face au congrès de la CGIL, Prodi a conclu que pour mener à bien sa tâche au gouvernement, le centre-gauche aura besoin d'un syndicat "disponible au changement", qui soit aussi "porteur de devoirs" et qui "s'engage sur des objectifs généraux". Prodi n'a rien promis aux travailleurs sur leurs revendications salariales, ou contre le chômage et la précarité. Mais il demande à l'appareil de la CGIL de "s'engager" sur les objectifs d'un gouvernement de centre-gauche, c'est-à-dire de faire avaler sa politique aux travailleurs.

Aides aux patrons, maintien de la flexibilité, autrement dit de la précarité, et des bas salaires, voilà les promesses concrètes de "l'Union"... que la CGIL, opposition interne comprise, promet déjà d'aider Prodi à mettre en oeuvre par un "pacte de législature"!

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