Statistiques du chômage en baisse : imposer le droit de vivre dignement de son travail

03 Novembre 2005

Le gouvernement s'est félicité de la nouvelle baisse des chiffres officiels du chômage. Ses porte-parole ont déclaré que six mois " de baisse permanente " auraient permis de comptabiliser 108000 chômeurs de moins, ramenant les statistiques en dessous de " la barre symbolique des 10% ", en établissant le nombre des demandeurs d'emplois à 9,8% de la population active.

Il est bien difficile de savoir quelle réalité se cache derrière ses annonces. Certains syndicats continuent ce mois-ci de dénoncer les sorties artificielles de nombreux chômeurs de ce recensement.

Mais ce qui est certain, c'est que la situation des travailleurs, même de ceux censés avoir " retrouvé un travail ", ne s'améliore pas. Car aujourd'hui, combien de travailleurs acculés par leur situation précaire, menacés de perdre toute ressource ou toute couverture sociale, acceptent des semblants d'emploi avec des payes qui ne méritent pas ce nom. Emploi à durée limitée, pour une exploitation plus intensive, ou l'un des multiples emplois dits " aidés " (en réalité aidés pour les employeurs), qui ne permettent de gagner que 600 ou 700 euros par mois, voire moins. C'est parce qu'ils usent et abusent du rapport de force que les patrons, avec l'aide du gouvernement, imposent à un nombre toujours plus grand de travailleurs, ce type d'emploi qui s'apparente plus à du travail " forcé " qu'à la situation de " libre travailleur ". Une situation " provisoire en attendant mieux " se transforme souvent en situation pleine de difficultés permanentes dont on ne voit plus comment sortir.

Pour que les travailleurs sortent du chômage auquel les patrons les condamnent, pour qu'ils puissent retrouver un véritable emploi et une paye digne de ce nom, qui permette de vivre normalement, il faudra une épreuve de force qui impose, pour commencer, l'arrêt des licenciements collectifs au patronat et à ses serviteurs politiques. Alors, et alors seulement la situation des travailleurs commencera à changer. En mieux.

Paul SOREL