Police : les violences racistes en hausse

22 Avril 2005

Le rapport annuel publié par la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) fait état d'une hausse des «dérapages» policiers en 2004, lors d'interpellations ou même de simples contrôles, avec bien souvent à l'origine une attitude raciste.

Déjà, la CNDS relève la réaction disproportionnée de certains policiers face à des situations qui ne présentent pas a priori de risques: menottages, palpations, gens plaqués au sol lors de banales infractions au code de la route, ou encore les contrôles d'identité répétitifs de jeunes des cités... dont ils connaissent parfaitement les noms.

Mais ce rapport dénonce surtout la nette progression des comportements racistes des policiers, principalement dans les banlieues de la région parisienne, qui assimilent trop souvent immigrés et délinquants, et les actes de violence commis principalement envers les Maghrébins, les Antillais ou les Africains.

Encore ne s'agit-il que de données partielles, puisque cet organisme, créé en 2000, ne considère que les cas qui lui ont été soumis par les députés ou les sénateurs auprès de qui des victimes d'abus policiers se sont plaintes, ce qui est loin de recouvrir l'ensemble.

La Commission estime que l'augmentation des bavures policières est à rechercher dans le manque de formation des policiers, pour beaucoup des jeunes provinciaux tout juste sortis de l'école de police et affectés dans des banlieues dites «chaudes», insuffisamment encadrés. Cela doit certainement y contribuer, mais ce racisme n'est pas qu'une question de génération: il y en avait tout autant parmi les anciens policiers.

En revanche, la politique sécuritaire impulsée par Sarkozy et poursuivie par son successeur, qui incite les policiers à montrer une présence musclée, à «faire du chiffre», ne peut qu'encourager les actes racistes et les attitudes agressives de la part de gens qui se sentent couverts, quoi qu'ils fassent.

Marianne LAMIRAL