La Poste (direction du courrier international) : un harcèlement révoltant

18 Novembre 2004

À La Poste, les pressions continuelles pour obtenir des "résultats", selon le jargon "manager", se traduisent par une aggravation de l'exploitation des agents, mais aussi par des tensions dans les relations prenant parfois un tour dramatique.

Ainsi, à la DCI (Direction du courrier international) à Paris, Catherine Froidurot, cadre reclassée après la fermeture de l'École des ventes où elle était formatrice de conseillers courrier et financier, subit depuis 1998 un harcèlement incessant.

Isolée puis proposée à des postes déjà pris, affectée ensuite dans un service sans mission précise, elle a été victime de multiples brimades du genre: on lui livre un bureau, qu'on fait porter ensuite à la cave. On oublie aussi de la noter pendant trois ans, ce qui pour un cadre signifie un blocage de carrière.

En réponse à ses demandes d'explication, sa hiérarchie lui tient des propos particulièrement blessants: "Je serai directe avec toi, je dirai comme X.., c'est poubelle" et lui envoie un courrier avec son nom transformé de manière désobligeante.

En guise de mise au point sur sa situation, elle est convoquée pour une enquête administrative qui sera un interrogatoire disciplinaire humiliant. Rien ne lui est dit alors sur ce qui lui est reproché. Toutes les suppositions peuvent être faites: problèmes d'organisation à l'intérieur du service, conflit de pouvoir entre responsables, restructurations incessantes avec réductions d'effectifs... Sans doute un peu de tout cela, mais aussi le fait qui passe très mal auprès de certains: elle est homosexuelle et elle vit avec une compagne, elle aussi à La Poste.

Très déstabilisée, Catherine Froidurot fera une dépression; elle est en arrêt depuis 2000. Engageant de multiples procédures auprès de différentes instances pour défendre sa dignité, avec le soutien de plusieurs syndicats, d'avocats, d'un collectif de soutien (Copostel) qui rend public son combat, elle se heurtera à un véritable blocage de la part de la direction de La Poste, qui n'hésite pas à bafouer les votes de commission administrative et se livre à toutes sortes de manoeuvres. Dernièrement elle vient de la faire convoquer à la police pour restitution de sa carte professionnelle.

De tels faits particulièrement scandaleux se multiplient. Rien que pour l'Ile-de-France, Copostel en a recensé six sur une période récente. Aujourd'hui, pour certains dirigeants de La Poste, tous les coups sont permis pour mettre au pas le personnel. Autant dire que le respect des êtres humains et du service public est complètement à l'opposé de leurs préoccupations.

Alain VALLER