Ex-Metaleurop : Des profits par la pollution... aux profits par les subventions18/09/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/09/une1833.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Ex-Metaleurop : Des profits par la pollution... aux profits par les subventions

Un "contrat de site" a été proposé par le gouvernement aux collectivités locales pour pallier la fermeture de Metaleurop, censé permettre la création de mille emplois en quatre ans. Il sera surtout l'occasion de distribuer des subventions aux patrons chasseurs de primes.

Sur les 44 millions d'euros prévus, 14 viendraient de l'État, 13 de l'Union européenne, 12 des regroupements d'agglomérations, 5 de la Région et des Départements. Après de nombreuses polémiques sur l'organisme qui distribuera ces cadeaux, les présidents du Conseil régional et du Conseil général du Pas-de-Calais, tous deux PS, n'ont pas signé le contrat... mais fourniront les 5 millions d'euros prévus.

Jean-Paul Delevoye est ministre du gouvernement. Il n'a rien fait pour contraindre les "patrons voyous" de Metaleurop à payer pour la pollution qu'ils laissent sur place, et surtout il n'a rien fait pour leur faire payer les salaires des 800 travailleurs licenciés. Mais il se permet de déclarer: "Ensemble, refusant de céder à la fatalité du déclin, nous leur faisons un pied de nez". Ils répondront sans doute par un bras d'honneur...

Mais du côté des élus socialistes, ce n'est pas mieux. Albert Facon, au nom des trois communautés d'agglomérations signataires (Hénin-Carvin, Lens-Liévin et Douai), veut y voir "la victoire de la solidarité sur le capitalisme sauvage et inhumain". Pour ces dirigeants qui se disent abusivement socialistes, la solidarité des contribuables pour doper les profits patronaux devient le seul avenir qu'ils envisagent. Farid Ramou, leader CGT des travailleurs licenciés, est moins enthousiaste: "Le contrat a pour objectif de recréer 1000 emplois en quatre ans. Il aura fallu 24heures à Glencore (le trust possédant Metaleurop -NDLR) pour en supprimer presque autant. On attend donc de voir".

Effectivement, même si quelques entreprises viennent ramasser les primes qui leur sont proposées, rien ne garantit qu'elles resteront plus de deux ans sur place.

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