Dans notre courrier : Gardiens d'immeubles en colère10/04/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/04/une1810.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Dans notre courrier : Gardiens d'immeubles en colère

Gardienne d'immeuble de la société 3F, je vous écris pour vous informer d'une grève que nous venons de connaître récemment contre l'augmentation de notre charge de travail.

Le 27 mars dernier, nous nous sommes retrouvés à près d'une centaine (sur 900 gardiens dans toute la France) devant le siège de l'entreprise, à Paris dans le 13e arrondissement, pour protester contre la volonté du groupe immobilier 3F d'imposer des tâches d'entretien ménager en sus de tout le reste.

Deux jours auparavant, s'appuyant hypocritement sur un jugement d'une cour de justice, la société nous informait que le jugement en question " l'obligeait à introduire systématiquement des tâches d'entretien ménager ou d'enlèvement des ordures ménagères dans les plannings des gardiens qui n'en comportent pas " ! La réaction a été immédiate, car, du boulot, on n'en manque pas. Les semaines de 50 heures sont fréquentes chez nous, mais évidemment payées 40 heures et 950 euros net par mois. Nous avons en charge de 150 à 200 logements, pour lesquels nous devons effectuer les états d'entrée et de sortie des lieux, les visites de logements, la saisie informatique des travaux de remise en état, la prise de contact avec les entreprises. Nous avons à traiter toutes les réclamations techniques, administratives des locataires, les problèmes de voisinage, la gestion de plus d'une centaine d'emplacements de parking, le nettoyage de la voierie, la sortie des poubelles, l'entretien des locaux à poubelles et le nettoyage de celles-ci, le remplacement des ampoules défectueuses, le contrôle de l'aire de jeu des enfants et de toutes les portes palières d'ascenseur (une cinquantaine au total, avec des registres à remplir, une fois par semaine).

Devant notre réaction, la direction a gelé toute prévision de travail supplémentaire dans l'attente soi-disant d'un rapport gouvernemental, mais de son côté la hiérarchie met la pression pour nous pousser à quitter l'entreprise et embaucher des nouveaux avec des contrats de travail incluant ces nouvelles charges.

Il y a deux ans, nous étions allés à 300 manifester devant le siège et nous avions obtenu dans la journée une augmentation de 80 à 300 F par jour de la prime de remplacement mutuel, que nous touchons lorsque nous effectuons, en plus du nôtre, le travail d'un gardien malade d'une cité voisine. Eh bien, nous venons d'apprendre qu'ils veulent maintenant imposer deux jours de carence pour chaque semaine de remplacement, y compris lorsqu'il s'agit de longues maladies.

Alors, trop, c'est trop, et un mouvement de grève est en discussion pour le mois de juin...

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