Education Nationale, Grève en Seine-Saint-Denis : Avec Ferry, c'est l'école qui rétrécit!04/04/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/04/une1809.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

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Education Nationale, Grève en Seine-Saint-Denis : Avec Ferry, c'est l'école qui rétrécit!

Plusieurs collèges et lycées de Seine-Saint-Denis sont entrés en grève à partir du jeudi 27 mars pour protester contre le transfert aux régions et aux départements de 110000 agents de service et de cantine, assistantes sociales, conseillers d'orientations ou médecins scolaires.

Trop c'est trop! Alors que la situation est déjà intenable, on apprend chaque trimestre qu'une nouvelle catégorie de personnel risque de disparaître des établissements scolaires. Le gouvernement se désengage toujours davantage du financement de l'éducation. Devant cette évidence, nombreux sont ceux qui estiment qu'il n'est pas possible d'assister plus longtemps à ce massacre sans se donner les moyens de réagir efficacement.

Dans les établissements scolaires, l'inquiétude pour tous ceux qui vont être touchés par ces mesures de décentralisation se mêle à la conscience très nette qu'il y aura beaucoup moins de monde l'an prochain pour faire face. Il y a un tel manque de personnel dans les collectivités locales qu'elles ne vont pas se priver de piocher parmi les agents dont l'Éducation nationale leur demande maintenant de régler le salaire. Comme dit Raffarin: "Qui paie décide"! Toutes les informations convergent en ce sens. Les agents risqueraient de ne plus être rattachés à un établissement particulier, et derrière la décentralisation se profile la menace d'une privatisation des cantines ou du ménage. Les assistantes sociales scolaires seraient utilisées à combler les postes non pourvus sur les quartiers. Les médecins ont une place toute trouvée dans les centres de PMI (Protection maternelle et infantile) ou à s'occuper des dossiers de l'Allocation Personnalisée d'Autonomie. Quant aux conseillers d'orientation, ils seraient dévolus à la formation continue ou aux stages mis en place par les régions. Aux enseignants d'assurer les tâches aujourd'hui effectuées par toutes ces personnes! Quand on sait que cela s'ajoute au licenciement programmé des aides-éducateurs qui assuraient souvent le soutien scolaire, et à la réduction du nombre de surveillants, recrutés désormais sous un nouveau statut plus désavantageux, cela fait vraiment beaucoup pour une année!

Face à cette avalanche, les grèves d'une journée programmées par les syndicats enseignants semblent dérisoires, et si aucun établissement n'a envie de se lancer seul dans la lutte, la conscience existe que seule une vraie grève pourrait mettre un coup d'arrêt à la nouvelle dégradation qui s'annonce.

C'est bien pourquoi une dizaine d'établissements de Saint-Denis ou des communes proches, toutes catégories de personnel confondues, ont décidé d'entrer en grève jeudi 27 mars, après s'être donné une semaine pour informer tout le monde de la situation. Ce jour était celui d'une manifestation à Paris de tous les personnels décentralisés. Ce fut l'occasion de se retrouver pour exprimer notre colère, et de constater que d'autres académies, au Havre par exemple, s'étaient déjà engagées dans la grève. Le lendemain, les établissements les plus en grève ont multiplié les visites d'autres collèges ou lycées, convaincus qu'il faut étendre le mouvement.

Les assemblées générales organisées pour faire le point regroupent pour l'instant près de cent cinquante personnes. Samedi 29 mars, c'est une centaine d'enseignants, de parents d'élèves, de personnel des établissements scolaires qui ont accueilli élus et autorités administratives venus inaugurer les nouveaux locaux du collège Garcia-Lorca à Saint-Denis, et leur ont dit ce qu'ils pensaient de la situation.

Dans chaque établissement, l'information est faite en direction des parents, pour montrer que derrière l'argument de la plus grande proximité des collectivités locales se cache la volonté de se débarrasser de pans entiers de l'Éducation nationale, pour des raisons financières. Le noyau actuel d'établissements en grève fait tout pour populariser et étendre au maximum son action, convaincu que pour être efficace la réaction doit se situer à une échelle beaucoup plus vaste.

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