Education Nationale, Colombes(92) : , au collège Henri-Dunant le rectorat affiche son mépris04/04/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/04/une1809.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

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Education Nationale, Colombes(92) : , au collège Henri-Dunant le rectorat affiche son mépris

Le collège Henri-Dunant à Colombes, classé en ZEP (Zone d'Éducation Prioritaire) accueille plus de 730 élèves dans un des quartiers les plus populaires de la ville, le Petit-Colombes. Les enseignants se sont mis en droit de retrait pendant trois semaines pour dénoncer l'insécurité et leurs conditions de travail déplorables; ils réclament des surveillants, le matériel nécessaire à la sécurité (comme des extincteurs) et les moyens permettant d'ouvrir une classe spécialisée accueillant les élèves les plus en difficulté dans le collège, afin de leur apporter un soutien scolaire.

En effet, la sécurité dans ce collège n'est pas assurée: les extincteurs ne sont pas en état de marche, l'alarme incendie est déclenchée sans raison (elle l'a été jusqu'à 13 fois dans la même journée), rendant le système de sécurité complètement inefficace. Et il est arrivé que des jeunes extérieurs au collège arrivent à y rentrer, armés de couteaux.

Alors qu'en début d'année, les crédits avaient été alloués pour la création de 14 postes d'aides-éducateurs, ils ne sont aujourd'hui que 4. Et il n'y a parfois qu'un seul surveillant pour tout le collège.

Les enseignants ont fait des réunions avec les parents d'élèves, ils sont allés à plusieurs reprises au rectorat, ils sont même allés au ministère où on a refusé de les recevoir. Ils ont aussi organisé un rassemblement avec les parents devant la mairie de Colombes pour réclamer à la maire des moyens pour la sécurité, la maire ayant fait justement de cette sécurité la priorité de son programme. Ils n'ont reçu que des réponses négatives. La maire a même trouvé qu'ils ne devaient pas se plaindre puisqu'on leur a ouvert un poste de médiateur et attribué quelques heures pour les élèves en difficulté.

Non seulement le rectorat a opposé à leurs demandes un refus catégorique, prétextant le manque de moyens, mais en plus il leur a annoncé que l'an prochain ils devront augmenter l'effectif d'élèves par classe qui passera de 24 (nombre maximum autorisé dans les ZEP normalement) à 28 élèves.

Cela montre dans quel mépris l'administration tient les enseignants mais surtout les jeunes de ce quartier populaire dont ils décident d'aggraver délibérément les conditions de scolarité, déjà difficiles.

À l'issue d'une réunion vendredi 28 mars avec les parents, les enseignants ont décidé de reprendre les cours. Mais ils restent vigilants et gardent la volonté d'obtenir des conditions normales d'enseignement pour leurs élèves. Affaire à suivre.

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