Saint-denis (Seine-Saint-Denis) : Les sans-papiers harcelés par la police

03 Mai 2002

La Coordination des sans-papiers, installée depuis des années rue de la Boulangerie à Saint-Denis, a été victime de deux provocations de la police.

Mercredi 17 avril, celle-ci a voulu contrôler deux sans-papiers à 100 mètres de leur local. Ces derniers ont rebroussé chemin, mais les policiers lancés à leurs trousses ont réussi à appréhender l'un d'entre eux. Le rassemblement des sans-papiers et de leurs soutiens a permis qu'il se réfugie dans le local. Mais les policiers n'ont pas voulu en rester là, l'un d'entre eux a pénétré violemment, a brisé une porte vitrée et a voulu entraîner de force le fugitif. Le policier a fini par renoncer, mais il a déposé plainte contre les sans-papiers pour rébellion.

Deux jours plus tard, vendredi 19 avril, le commissariat de Saint-Denis remettait cela, en procédant à des contrôles à la sortie de l'assemblée hebdomadaire des sans-papiers à la Bourse du Travail. A nouveau, la détermination des participants a permis d'éviter l'arrestation d'un sans-papiers.

Jusqu'à présent la coordination pouvait exister, et les sans-papiers pouvaient s'y rendre en toute liberté. Mais, devant les surenchères sécuritaires, la police se sent les coudées franches. Elle a depuis quelques mois une attitude musclée et brutale à l'égard des immigrés et ce n'est pas le premier incident que l'on peut déplorer. Ce qui est nouveau, c'est que les responsables de la police semblent vouloir ouvertement remettre en cause l'existence et l'organisation des sans-papiers qui ne pourront plus se rassembler s'ils sont systématiquement contrôlés à côté de leur local. On peut craindre que les résultats de l'extrême droite ne confortent la police et ne l'encouragent à harceler les sans-papiers.

Un rassemblement, auquel Lutte Ouvrière a participé, a eu lieu samedi 20 avril pour protester contre ces provocations.