Quand Gayssot complimente Jospin

03 Mai 2002

Lors du dernier Conseil des ministres de Jospin, trois jours après le premier tour, les ministres ont tous félicité leur ancien patron.

Gayssot, n'a pas fait dans la nuance en matière de flagornerie : « Lionel, tu es vraiment un cas. Tu nous as respectés chacun. Tu nous as fait travailler ensemble sans qu'on se dispute. Tu es le seul Premier ministre à avoir dit que tu étais fier d'avoir des ministres communistes. Moi, je suis fier d'avoir appartenu à ton gouvernement. Et je veux te dire avec mon coeur que je ne comprends pas ta décision de te retirer. ».

Le PS a perdu trois millions d'électeurs, le PCF a perdu deux électeurs sur trois, le Front National est au second tour et le Parti Communiste appelle à voter Chirac. Le PCF est menacé de disparition, à 3,5 % des voix. Mais Gayssot est « fier » de son bilan.

Dans un long article paru dans L'Humanité, il n'a pas un mot de critique, de regret. Pas un début d'analyse sur la perte des électeurs dans les villes ouvrières, les quartiers populaires.

Aujourd'hui encore, sa rancune, il la réserve à l'extrême gauche, « à ceux qui ont prétendu que la gauche et la droite, c'est pareil ». Mais qui est en train de faire la démonstration que la droite et la gauche c'est pareil ? L'extrême gauche ou bien ceux qui appellent à voter pour la droite au second tour ?

Gayssot justifie son vote pour Chirac : « Je choisis entre Le Pen et Chirac en souhaitant entre eux le résultat le moins équilibré possible, parce que je sais bien que l'extrême droite peut aussi, par sa force, tirer la droite vers l'idéologie la plus brune qui soit. »

Auparavant, le Parti Communiste expliquait qu'il fallait tirer Jospin à gauche, le soustraire aux influences libérales, en le soutenant au gouvernement. Maintenant, Gayssot nous explique que le rôle de la gauche est d'empêcher la dérive de Chirac vers l'extrême droite, en votant pour lui. De renoncement en renoncement, on se demande qui arrêtera la dérive de Gayssot ?

Christian BERNAC