Petits et grands commis voyageurs de l'impérialisme français

03 Mai 2002

En Afrique, les hommes d'affaires représentant les intérêts des multinationales ont remplacé, aujourd'hui, les missionnaires et les aventuriers qui, au siècle dernier, avaient ouvert la voie aux grandes puissances colonisatrices. Mais la soif de profit reste inchangée.

Les patrons français d'aujourd'hui parcourent l'Afrique à la recherche de la « bonne affaire », qui leur permettra de s'enrichir rapidement, en spoliant les Africains de leurs richesses, en surexploitant les paysans des plantations et les travailleurs des usines.

Parmi les pillards, les grandes compagnies multinationales françaises tiennent le haut du pavé. Elles ont mis l'économie en coupe réglée. Elf-Aquitaine (aujourd'hui TotalFinaElf) s'est accaparé le pétrole du Gabon, du Congo-Brazzaville et de l'Angola. Bouygues a fait main basse sur la plupart des marchés de construction. Bolloré rafle les compagnies de transport routier, ferroviaire et maritime, indispensables aux déplacements des hommes et des marchandises, et se retrouve ainsi en situation de monopole. Et puis il y a tous les autres, les petits et les grands patrons, qui rêvent à leur tour de faire fortune dans cette partie du monde, riche en matières premières et en main-d'oeuvre, taillable et corvéable, parce que soumise à une répression féroce.

Les grands commis voyageurs de l'impérialisme à la Chirac et Jospin se chargent de piloter ce petit monde à tour de rôle, de le présenter aux dictateurs en place, lui ouvrant ainsi les portes de juteux marchés locaux. Aussi, ni les uns ni les autres n'oublient de s'entourer d'entrepreneurs lors des voyages officiels. Et quand ils ne sont pas là, pris par une campagne électorale par exemple, les « petits » commis voyageurs comme Michel Roussin prennent la relève.

Cet ancien agent secret de la DGSE et ancien ministre RPR de la Coopération (qui en a profité pour étoffer son carnet d'adresses d'hommes d'affaires et de dictateurs africains) a du pain sur la planche. Vice président du groupe Bolloré, président du Comité Afrique du MEDEF International, il a récemment « conduit » plusieurs délégations de patrons au Bénin et au Togo, sa prochaine destination étant la Côte-d'Ivoire où se dessinent d'excellentes affaires.

Ce « Monsieur Afrique » du RPR entretient des relations « amicales » et « commerciales » avec le régime de Denis Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville, l'une des dictatures les plus sanguinaires d'Afrique équatoriale. Il est vrai que l'argent n'a pas d'odeur: Il laisse seulement parfois des traces de sang sur les mains. .

René CYRILLE