Martine Aubry s'attaque aux sans papiers

03 Mai 2002

Depuis le début de leur lutte, les sans-papiers ont occupé différents locaux à Lille, pour se réunir et organiser des grèves de la faim. A plusieurs reprises, la préfecture et la mairie de Lille ont expulsé les sans-papiers de ces locaux, la dernière fois en 1999 alors qu'ils occupaient la Bourse du travail. Avant les élections municipales de 2001, Martine Aubry s'était engagée à leur fournir un local. Après ces élections, rien n'est venu et les sans-papiers ont continué de manifester, notamment pour obtenir le local promis. Dès le soir du premier tour de l'élection présidentielle, les sans-papiers se sont joints aux manifestations anti-Le Pen et toute la semaine plusieurs centaines de lycéens et d'étudiants ont défilé tous les soirs derrière les sans-papiers.

Forts de ce soutien, les sans-papiers ont rappelé ses promesses à Aubry en occupant une ancienne mission locale, actuellement vide et propriété de la ville de Lille. Aussitôt, les CRS ont bloqué la manifestation anti-Le Pen dans une petite rue, à quelques centaines de mètres du local occupé. Les CRS ont eu le culot de prétexter protéger la manifestation d'une contre-manifestation d'extrême droite complètement imaginaire. Au bout d'une heure, un élu Vert s'est présenté aux manifestants comme « négociateur» et a parlementé avec les CRS pour définir un parcours de manifestation... à l'opposé du local occupé par les sans-papiers.

Pendant ce temps, la mairie de Lille demandait aux forces de l'ordre de faire évacuer la mission locale. L'évacuation s'est faite sans ménagement, avec des gaz lacrymogènes et des coups de matraque. Plusieurs sans-papiers ont dû être pris en charge par le Samu tandis que dans le quartier le voisinage marquait sa solidarité aux sans-papiers en leur apportant de l'eau pour se rincer les yeux.

La même Martine Aubry n'a pas été gênée dé participer trois jours plus tard à la manifestation anti-Le Pen, soi-disant pour dénoncer la démagogie anti-immigrés de l'extrême droite. Les dirigeants du Parti Socialiste ont fait une fois de plus la démonstration qu'ils se moquent du sort des immigrés sans papiers. Par leur politique, ils préparent le terrain à la politique de « fermeté » antiimmigrée que demande Le Pen et que promet Chirac.