Le 1er mai, dans toutes les villes du pays, des centaines de milliers de manifestants dans les rues

03 Mai 2002

Dans les principales villes du pays les manifestations appelées par les organisations syndicales, par diverses associations et par les organisations politiques ont rassemblé, selon les chiffres annoncés, des centaines de milliers de personnes : 30 000 à Caen (15 à 20 000 selon la police), 40 000 à Tours (25 000 selon la police), 15 000 à Strasbourg, pour ne prendre que les premiers chiffres connus. Et il apparaît déjà que les manifestations atteignent dans d'autres villes des chiffres aussi massifs.

A Paris ils étaient plusieurs dizaines de milliers avant même que le cortège puisse s'ébranler. La police a estimé à quelque 400 000 le nombre des manifestants. Travailleurs venus plus nombreux que les années précédentes, renouant cette année avec une tradition ouvrière qui veut que cette journée soit non pas une fête du travail, mais une journée issue des combats du mouvement ouvrier, affirmant, par leur présence, leur appartenance au camp des travailleurs et leur fidélité à ses idéaux. Mais aussi des jeunes et de moins jeunes, présents en masse, venus cette fois se joindre à cette manifestation ouvrière pour dire leur opposition à Le Pen et à ses idées réactionnaires, xénophobes, anti-ouvrières, dont l'influence représente un danger mortel pour le mouvement ouvrier et un risque majeur pour la société dans son ensemble. Preuve, s'il en fallait encore, qu'il existe dans ce pays des centaines de milliers de femmes et d'hommes qui savent trouver des moyens de dire ce qu'ils refusent par d'autres moyens que le bulletin de vote.

Certes, nombre de dirigeants politiques, qui se bousculent pour prendre la tête de ces cortèges, ont choisi de transformer la protestation contre l'influence grandissante des idées de droite et d'extrême droite en un appel à déposer, au deuxième tour, un bulletin de vote en faveur de Chirac. Cet homme politique ouvertement de droite ne prend même pas la peine de cacher son intention de mener, une fois élu - même avec des voix venues d'électeurs de gauche -, une politique antiouvrière, sécuritaire, annonçant d'ores et déjà son intention de s'en prendre aux retraites ouvrières.

C'est le refus d'un tel piège qu'ont voulu affirmer les manifestants qui ont partout défilé, dans les cortèges de Lutte Ouvrière, derrière des banderoles qui proclamaient « Pas une voix pour Le Pen, mais pas de plébiscite pour Chirac ». Car il sera essentiel pour l'avenir proche que ceux qui ont su ce 1" mai donner de la voix, avec force dans la rue, ne se laissent pas immédiatement bâillonner par la prétendue sanction des urnes, par un Chirac qui restera, après ce 5 mai, l'ennemi de tout le monde du travail, comme il l'était avant cette date.