Fonderies du Poitou (Ingrandes - Vienne)

03 Mai 2002
En grève pour les salaires

Aux Fonderies du Poitou (Groupe Teksid), les patrons sont à l'offensive depuis des mois, nous imposant des conditions de travail de plus en plus pénibles, des jours chômés qui amputent les salaires, après avoir usé et abusé du travail précaire (il y a eu en 2001 plus de 700 intérimaires et CDD pour 1000 ouvriers en CDI), le tout sur fond d'une restructuration qui doit conduire dans les semaines qui viennent à la coupure en deux de l'usine.

En avril, les salaires étaient à l'ordre du jour, à l'occasion des négociations salariales annuelles. Proposition des patrons : 1,2 d'augmentation en avril et 0,5 % en septembre plus une prime exceptionnelle de 3 700 F amputable en fonction des absences.

Réunis en assemblées lors des débrayages organisés dans chaque équipe par les syndicats le jeudi 18 avril, nous avons décidé de nous mettre en grève à partir du mardi suivant si la direction s'en tenait à ses propositions, ressenties comme d'autant plus insuffisantes que les salaires sont bloqués depuis des années sous prétexte de

passage aux 35 heures. Depuis le mardi 23 avril, c'est la grève, avec le soutien des syndicats CGT, CFDT, FO et UDT (Autonomes). Une grève qui a d'entrée de jeu mobilisé les deux tiers de l'effectif ouvrier pour une augmentation mensuelle de 150 euros.

Dès le vote de la grève, nous avons multiplié les actions, dans l'usine bien sûr, mais aussi dans la ville voisine, Châtellerault. Jeudi 25, nous avons organisé une manifestation commune avec les travailleurs de la SnecmaServices (ex-Sochata), en débrayage eux aussi pour de meilleurs salaires.

Il y avait de l'ambiance en ville, où résonnait le slogan « Fonderies-Snecma, même combat ! ».

Comparant notre manifestation aux manifestations anti-Le Pen se déroulant un .peu partout au même moment, le journaliste d'un quotidien local a cru bon de nous prendre de haut: « Pas de sauvegarde de la démocratie en jeu, mais simplement une bonne vieille manif (...) pour une revalorisation de leurs salaires ». Pourtant, la mobilisation des travail

leurs est au coeur des problèmes politiques qui se posent après les élections, comme elle l'était avant ces mêmes élections.

Car en se mobilisant sur le terrain de leurs revendications sociales les travailleurs des Fonderies et ceux de la Snecma (entreprise dont la privatisation a été décidée par le gouvernement Jospin juste avant les élections) montrent dans quelle voie et par quels moyens le monde du travail pourrait reprendre l'initiative, sur le plan social ainsi que sur le plan politique ; comment il peut offrir une issue et une perspective à tous ceux que la politique antiouvrière du patronat et de tous les gouvernants à son service ont désespéré depuis des années.

Lundi 29 avril, la grève continuait aux Fonderies, et nous avons décidé de nous mettre tous en normale pourquoi en effet s'infliger les horaires d'équipe et la présence de nuit quand la concentration des forces dans la journée permet d'agir tous ensemble et de multiplier les initiatives

Correspondant LO