...et "super-réac"

03 Mai 2002

« Le Français, qui habite la Goutte d'Or, qui avec sa femme gagne environ 15 000 F par mois et qui voit, sur son palier d'HLM, une famille entassée, le père, trois ou quatre épouses et une vingtaine de gosses, qui touche 50 000 F de prestations, sans naturellement travailler... Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, le travailleur français, il devient fou ». De Le Pen, cette citation ? Non, de Chirac en 1991.

Chirac avait entre 1986 et 1988 placé Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur. C'était l'époque des charters. 101 Maliens expulsés par la manière forte, menottes au poing. Il avait fallu l'opposition des commandants de bord, qui refusèrent de piloter, pour mettre un terme à ces bannissements indignes. Le même gouvernement Chirac, avec les lois Pasqua, aggravait considérablement les conditions de séjour des étrangers et ôtait la nationalité automatique aux enfants d'étrangers.

Pasqua déclarait d'ailleurs partager certaines valeurs avec le Front National. C'est toujours Chirac qui, peu avant le retour de la gauche au pouvoir en 1997, voulait obliger tous ceux qui logeaient un étranger à demander un certificat d'hébergement auprès de leur maire.

On le voit, rien que sur le terrain des déclarations racistes et des mesures anti-immigrés, Chirac n'a pas hésité à chasser sur les terres du Front National.

Alors, c'est ce Chirac qu'on nous présente aujourd'hui comme un rempart contre le Front National ?

On nous dira : c'est le passé. Mais non, c'est peut-être l'avenir proche. Car c'est cela qui constitue le curriculum vitae de Chirac. Bon sang ne saurait mentir.

Christian BERNAC