La tournée de Bush : La loi du plus fort22/02/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/02/une1752.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

La tournée de Bush : La loi du plus fort

Au cours de son périple en Asie, du Japon à la Chine en passant par la Corée du Sud, Bush a multiplié les appels à se ranger à ses côtés dans la croisade contre le terrorisme.

L'Irak, l'Iran, la Corée du Nord seraient les trois pays composant " l'axe du mal ", pays dont les gouvernements sont accusés d'être des dictatures contre leurs propres peuples mais qui ont, aux yeux du chef de guerre qui dirige les USA, le tort de ne pas être entièrement inféodés aux ordres des Etats- Unis. C'est surtout à l'égard du gouvernement irakien que les menaces américaines se sont faites les plus précises et les plus sévères. " Le statu quo actuel en Irak n'est pas acceptable ", a laissé tomber comme une sentence la conseillère américaine pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, laissant entendre que si une attaque n'était pas imminente, elle figurait dans les plans du gouvernement américain, sous le prétexte d'écraser tout ce qui pourrait potentiellement aider le terrorisme et les réseaux d'al-Qaida.

En fait, les bombardements sur l'Irak n'ont jamais complètement cessé, le blocus n'est toujours que très parcimonieusement levé et les menaces du gouvernement américain s'adressent à un pays exsangue, dévasté.

La poursuite de Ben Laden et des réseaux islamistes terroristes sert à tout justifier et à imposer la loi de l'impérialisme américain au monde entier, et en particulier aux pays pauvres. De façon tellement insolente que même leurs alliés européens se sont timidement rebiffés contre ce qu'ils qualifient d'" absolutisme " de Bush. Un représentant du gouvernement allemand a déclaré qu'il n'était pas question de donner un feu vert à Bush pour " faire n'importe quoi contre n'importe qui "... comme si Bush avait besoin d'un tel feu vert.

Tout en proférant de nouvelles menaces contre l'Irak, de nouvelles entreprises guerrières américaines sont désormais engagées directement dans d'autres parties du monde. Le 17 février, des forces spéciales américaines ont débarqué dans le sud des Philippines, sur l'île de Basilan, sous prétexte de traquer les quelques centaines d'hommes du groupe islamiste d'Abu Sayyaf, qui serait lié au réseau de Ben Laden.

Au total, près de 700 soldats américains se trouveront bientôt sur le terrain, sous prétexte de former 3 800 soldats philippins à la lutte contre le terrorisme. D'autre part, en Indonésie, les services secrets américains auraient lancé une vaste enquête sur les réseaux islamistes de l'archipel. Au Yémen, pays particulièrement suspect aux yeux de l'Etat américain pour la présence active de sympathisants de Ben Laden (une trentaine d'entre eux auraient été arrêtés en Afghanistan et seraient actuellement prisonniers à Guantanamo), les services de la CIA seraient à l'oeuvre afin d'obtenir des renseignements sur les soutiens locaux aux réseaux d'al-Qaida. En Algérie, la CIA serait impliquée dans l'assassinat, le 8 février dernier, d'Antar Zouabri, chef du GIA. La Somalie, elle aussi suspectée (sans l'ombre d'une preuve) d'abriter des membres du réseau al-Qaida, serait l'objet d'une surveillance minutieuse et intensive, mobilisant une logistique hautement sophistiquée et des avions-espions sans pilote de type " drones " tandis que sur le terrain, des " conseillers " américains s'occupent à monter les clans les uns contre les autres, et en particulier contre le mouvement islamiste proche de l'organisation de Ben Laden. Ils savent pouvoir compter dans cette tâche sur les guérillas chrétiennes, anti-islamistes, soutenues par l'Ethiopie voisine.

Aux quatre coins du monde, dans des pays en proie depuis des années à des guerres civiles, ouvertes ou larvées, pays pauvres parmi les plus pauvres de la planète, Bush poursuit sa croisade planétaire en déclarant vouloir " éradiquer le terrorisme ". A coups de millions de dollars investis dans le déploiement de forces, équipées d'armements les plus performants, il veut démontrer aux peuples de la planète que l'impérialisme, dont il est l'incarnation, est le plus fort. Cette démonstration risque d'engendrer plus encore de révolte et de haine de l'oppression que de ruines et de terreur.

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