Fonderies du Poitou - Ingrandes (Vienne) : - Le référendum sur les 35 h retombe sur le nez des patrons !22/02/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/02/une1752.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Fonderies du Poitou - Ingrandes (Vienne) : - Le référendum sur les 35 h retombe sur le nez des patrons !

Aux Fonderies du Poitou, c'est l'incertitude la plus totale en ce qui concerne l'avenir puisque, aux dires des patrons Renault, cet ex-actionnaire demeuré client unique " se désengage ", tandis que le groupe Fiat dont nous dépendons, veut vendre sa division Fonderies. D'ores et déjà dans le cadre de ces grandes manoeuvres a été prise la décision de séparer l'entreprise en deux usines distinctes : fonte d'un côté, aluminium de l'autre.

C'est dans ce contexte, aggravé par le fait que de novembre 2001 à mai 2002 les patrons nous auront imposé quinze jours de chômage, que la direction a remis sur le tapis son projet d'accord "35 heures". En juin 2000, un accord avait bien été signé par les syndicats FO et CGC pour les catégories cadres, techniciens forfaités et agents de maîtrise, mais depuis aucun syndicat n'avait voulu - ou osé - ratifier les propositions patronales pour le collège ouvrier.

En dépit de la méfiance que l'on sentait croissante, le syndicat FO se résolut à demander à la direction d'organiser un référendum, référendum qui a eu lieu le 13 février.

Les syndicats CGT. et UDT (autonomes) appelaient à voter non, tandis que la CFDT, opposée elle aussi à l'accord, faisait une contre-proposition où elle réclamait l'intégration du complément différentiel sur quatre ans. Bien qu'ayant réclamé le référendum, FO ne donnait pas de consigne de vote.

"Tous les points de l'accord correspondent aux dispositions de la loi Aubry, notamment la prise en compte du complément différentiel. Cet accord est donc définitif, et il est hors de question qu'il puisse faire l'objet de nouvelles négociations", déclara le patron à la veille de la consultation. Il n'aurait pas pu résumer mieux les raisons pour lesquelles, dans les ateliers, nous n'en voulions justement pas !

Quelques heures avant le scrutin de l'équipe de nuit, la direction du secteur Aluminium, saris doute moins sûre des vertus attractives de la loi Aubry, fit distribuer à chaque ouvrier une note indiquant que, si le oui l'emportait, il y aurait moins de jours de chômage pour eux. Outrés par ce chantage minable, ils réagirent aussitôt par un débrayage.

Le 13 février, c'est par plus de 80 % de "non" que l'accord de la direction fut repoussé tandis que plus de 91 % des 944 inscrits avaient pris part au vote.

Le lendemain, à la télévision régionale, c'est un PDG pas très à l'aise qui répéta que la proposition était à prendre ou à laisser, et qu'il ne reviendrait pas à la table de négociation.

Dans les ateliers, nous avons ressenti ce non massif comme une victoire face à l'arrogance de la direction. La remise en cause du salaire de base qu'aurait provoquée la mise en place d'un complément différentiel pour compenser la différence entre 35 et 39 heures, nous n'en voulions pas. Pas plus que nous n'acceptions que les temps de pause et de casse-croûte soient décomptés du temps de travail. Inutile de dire qu'étant données les conditions de travail qui sont les nôtres aux Fonderies, nous serions favorables à une véritable réduction du temps de travail. Mais alors, avec les embauches en conséquence et sans les entourloupes que la loi Aubry a concoctées en faveur des patrons. Nous l'avons dit suffisamment fort pour que cela redonne le moral à la majorité des travailleurs dans les ateliers.

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