Frégates : les pudeurs de Fabius

14 Décembre 2001

Les politiciens de tout bord, y compris les socialistes, parlent volontiers de transparence... quand il s'agit des autres. Mais il ne faut pas compter sur eux pour passer aux actes. Ainsi le ministre de l'Economie et des Finances, Laurent Fabius, a refusé de lever le secret-défense sur les commissions qu'avait versées Thomson et dont l'entreprise avait déclaré le montant à l'occasion de la vente de six frégates françaises à Taiwan, en 1991, commissions estimées à plus de 3 milliards de francs.

Deux juges réclamaient à Fabius l'accès aux archives des douanes, afin de vérifier si des politiciens français n'avaient pas été " arrosés " au passage. Fabius a préféré suivre l'avis de la Commission consultative du secret de la défense nationale qui, le 29 novembre, s'était déclarée opposée à la levée du secret.

Des organismes sont certes chargés de contrôler le secret-défense. Ils émettent des " relevés d'observations " détaillés, à l'usage du seul ministre. Le ministre a le droit de rendre publics ces relevés d'observations. Seulement Fabius, cachottier, ne le veut pas.

Et le tour est joué : industriels, intermédiaires arrosés, politiciens qui ne le sont pas moins, tout ce beau monde continue ses petites et grosses affaires sous le couvert du secret-défense... de savoir.

Vincent GELAS