Mille fois "non" à cette nouvelle guerre de l'impérialisme !16/11/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/11/une-1739.gif.445x577_q85_box-0%2C11%2C166%2C227_crop_detail.jpg

Tribune de la minorité

Mille fois "non" à cette nouvelle guerre de l'impérialisme !

Depuis le début de l'intervention américaine en Afghanistan il y a maintenant plus d'un mois, on est loin, très loin d'une prétendue guerre menée contre le terrorisme.

Cette guerre est une guerre contre les peuples - et d'abord contre le peuple afghan. C'est une guerre des grandes puissances, qui vise à renforcer leur domination sur le monde après les attentats du 11 septembre. Cette guerre n'est pas la nôtre !

A quoi servent toutes ces bombes ?

Il y a peu de chances qu'elles servent à attraper Ben Laden. En tout cas, il a plus de chances de s'en sortir que le reste de la population civile afghane. Et même s'il devait finir par être pris, tout le monde sait - en premier lieu le gouvernement américain - que ses réseaux et d'autres semblables ne seront pas détruits pour autant.

Ce n'est pas non plus une guerre destinée à "punir" un régime qui aurait soutenu les terroristes. Ou alors il aurait fallu bombarder l'Arabie Saoudite, le Pakistan et... les Etats-Unis eux-mêmes, tous ces pays qui ont soutenu, financé et entraîné Ben Laden et ses semblables pendant longtemps.

Ce n'est même pas une guerre contre les Talibans, ces Talibans que les Etats-Unis ont félicités lors de leur accession au pouvoir en 1996 parce qu'ils semblaient devoir ramener "l'ordre" et surtout ouvrir de nouvelles perspectives pour l'acheminement du pétrole d'Asie centrale. Aujourd'hui les galonnés du Pentagone se réjouissent de la prise de Mazar-I-Charif. Mais demain, ils se réjouiront de la formation - si elle se révèle possible - d'un "gouvernement d'union nationale" incluant ces mêmes Talibans sans lesquels il sera difficile d'assurer un minimum de contrôle sur l'ensemble du pays.

La guerre que mènent les Etats-Unis et les autres grandes puissances - dont la France de Jospin et Chirac - n'allègera pas un seul instant le poids de la dictature obscurantiste qui pèse sur le peuple d'Afghanistan. Les "bons" Talibans que les dirigeants américains aimeraient rallier ne se distingueront des autres que parce qu'ils auront accepté d'être leurs protégés, par crainte ou par intérêt. Mais leurs méthodes de gouvernement seront tout aussi brutales qu'avant. Quant aux chefs de guerre de l'Alliance du Nord (dont le nom complet est "Front national Islamique Unique pour le Salut de l'Afghanistan"), on les a déjà vus à l'oeuvre : ils ont la même idéologie et ont déjà mis le pays à feu et à sang entre 1992 et 1996 pour satisfaire leurs appétits de pouvoir !

Les maîtres du monde

Après les attentats du 11 septembre, les Etats-Unis ont voulu écarter le moindre doute sur leur capacité de grande puissance à faire régner l'ordre planétaire. Leur armada ne sert qu'à une chose : faire la démonstration que rien ne peut être tenté contre eux sans que le prix à payer soit terrible. Et c'est un avertissement général à tous les gouvernements et à tous les peuples qu'ils donnent : puisque c'est l'état de guerre, chacun doit choisir son camp.

Ce camp-là n'est pas celui de la démocratie. Dans cette guerre, les grandes puissances, Etats-Unis en tête, soutiennent à bout de bras tous les dictateurs de la planète qui veulent bien se ranger derrière elles, au Pakistan et ailleurs : régimes militaires, régimes islamistes, gouvernements mafieux !

Des régimes d'autant plus utiles qu'ils font régner l'ordre sur fond d'exploitation et de misère. N'oublions pas qu'au Pakistan, on voit des enfants de 3 ans travailler sur des chantiers et que la majeure partie des ballons de football exportés dans le monde sont fabriqués par des gamins de 8 ou 9 ans ! Et ce n'est pas un hasard si pour ces familles, la seule chance d'échapper à cet enfer est d'aller étudier dans les "madrassas", ces écoles coraniques gratuites d'où proviennent justement les... Talibans !

C'est cet ordre-là qu'il faudrait défendre ? Pour que tout cela continue de la même façon ?

Un massacre contre la population

Les dirigeants américains ont beau essayer de mener une guerre sans image (comme ils l'ont fait il y a dix ans en Irak en massacrant plus de 200 000 civils), ils ont beau exiger très officiellement des médias occidentaux une censure rigoureuse sous prétexte de ne pas gêner les opérations militaires, comment être dupes de leurs mensonges ? Leur objectif n'est pas de réduire autant que possible les pertes civiles. Ou alors il ne faudrait pas lâcher des bombes à fragmentation, ces bombes destinées à exploser lorsqu'on les touche et qui sont d'ailleurs de la même couleur que les sacs d'aide humanitaire largués dans les mêmes zones...

L'hypocrisie du gouvernement français

Vue d'ici, la guerre paraît sans doute plus lointaine que vue des Etats-Unis. Le gouvernement Jospin le sait et fait mine de ne pas s'aligner immédiatement derrière les Etats-Unis. Mais il propose néanmoins, et repropose, ses services. Car pour préserver sa place de second couteau, et continuer à avoir une petite influence dans le monde, il faut en être !

Et voyons ces ministres qui se prétendent de gauche, appartenant en particulier aux Verts ou au Parti communiste ! Que disent-ils ? Ils ont beau évoquer mollement les "risques de dérapage" devant les caméras et à l'adresse du public, ils s'illustrent par un silence et une solidarité bien "crasses" dans ce gouvernement !

Pas un sou, pas un homme pour cette sale guerre !

La guerre que mènent les grandes puissances est une guerre destinée à conforter leur droit exclusif à gouverner la planète. C'est une guerre pour préserver un ordre mondial brutal et cynique, destiné à maintenir l'exploitation et l'oppression, pour les profits maxima des grands industriels et banquiers du monde et la fortune de leurs actionnaires. Il faut voir comment les trusts américains, de l'aviation comme des assurances en premier lieu, ont sauté sur le prétexte des événements mondiaux pour licencier en masse et tirer leur épingle d'une récession économique qui avait commencé bien avant les attentats de New York.

Les appels à l'union sacrée n'ont rien d'anodin. On a déjà entendu dire que les salariés seraient bien avisés de renoncer à revendiquer. On a déjà entendu dire que nos libertés passeraient après notre sécurité. Et quoi ? Bientôt au garde-à-vous ? Ne nous laissons pas enrôler ! Même pas un neurone de nos cerveaux !

"Un peuple qui en opprime un autre n'est jamais un peuple libre" disait Marx. C'est en luttant pour un monde plus juste qu'on fera reculer l'influence du fanatisme religieux. Pas en soutenant le despotisme des baïonnettes ou leurs équivalents modernes. C'est notre intérêt de lutter contre cette nouvelle guerre de l'impérialisme.

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