Politiciens : À la Bastille - les mousquetaires du PS sont toujours là18/05/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/05/une-1714.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Politiciens : À la Bastille - les mousquetaires du PS sont toujours là

Le 20e anniversaire de l'élection de Mitterrand à la présidence de la République a fourni l'occasion au petit monde des fervents, des obligés, des laudateurs du mitterrandisme d'y aller de leur petite déclaration nostalgique et de se rassembler à la Bastille. La fête ne fut, nous dit-on, pas follement gaie. Mais celle d'il y a vingt ans ne méritait pas de l'être non plus, si l'on songe à la suite.

Jospin a tenu à prendre dans cette fête une place de choix. Car il est fini le temps - bien bref - où Jospin quittait le gouvernement en 1992 afin de préparer son avenir politique en cultivant sa petite différence avec son maître à penser, critiquant depuis la tribune du congrès du Parti Socialiste en 1994 "le manque de rigueur" du président ou "son étonnante indulgence pour des personnages compromis". Allusion à peine voilée à René Bousquet, ancien haut-fonctionnaire du gouvernement de Pétain et à ce titre organisateur de la déportation de milliers de Juifs de France.

Elle est terminée la période où Jospin réclamait "un droit d'inventaire" sur les deux septennats de Mitterrand, pour laisser croire qu'il n'assumerait pas forcément tout l'héritage. Désormais, cet héritage, il l'assume, et ouvertement, ce qu'il n'avait jamais cessé de faire, personne n'étant dupe de ce désir d'inventaire qu'il s'est d'ailleurs bien gardé de faire.

Lors de son discours à la Bastille il a, nous dit-on, choisi non pas d'évoquer le Mitterrand de Vichy, ni le Mitterrand d'après 1981, mais le Mitterrand de la période 1971-1981, une période "sans tâche" selon l'expression d'un journaliste du Monde, qui suggère, non sans raison, que les autres ne seraient pas blancs. Comme si on pouvait saucissonner le long cheminement de Mitterrand en découpant des périodes honorables et d'autres qui le seraient moins. Comme si chacune des manoeuvres mitterrandiennes ne préparait pas l'aboutissement.

Sans tâche, la période précédant l'accès de Mitterrand à l'Elysée, alors même qu'il déclarait ouvertement, devant le congrès de l'Internationale socialiste, au début des années 1970 que son ambition était de réduire l'influence électorale du PCF ? Et si la prouesse dont on le glorifie aujourd'hui, c'est d'avoir unifié la gauche, personne ne peut contester que c'est pour avoir les moyens de mener la politique de la droite.

Jospin, en disciple appliqué, continue dans la même voie, jusqu'au moment où les travailleurs se décideront à faire l'inventaire. En vrai, cette fois !

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