Péchiney Marignac (Haute-Garonne) : "Rodier au panier, le pouvoir aux salariés !"

18 Mai 2001

Les salariés de l'usine Pechiney de Marignac, en Haute-Garonne, sont restés fortement mobilisés contre le projet de fermeture de l'usine. Le mercredi 9 mai, ils étaient à la tête d'une manifestation de 1 500 personnes à Saint-Gaudens, sous-préfecture de Haute-Garonne. Dès le lendemain, ils étaient à une centaine à Paris-La Défense pour empêcher la tenue du CCE dont l'ordre du jour devait aborder la fermeture de l'usine.

Le premier temps fort de la semaine a été la manifestation du 9 mai, jour de débrayage dans toutes les usines de l'électrométallurgie des Pyrénées, à Saint-Gaudens. Des délégations de ces usines étaient présentes. Mais la manifestation rassemblait bien au-delà des travailleurs de Pechiney. On pouvait noter la présence d'une délégation de Tembec (l'usine de pâte à papier de Saint-Gaudens) derrière leur banderole. De nombreuses écoles étaient également en grève et fermées comme à Montréjeau. Bref, il y avait du monde derrière les travailleurs de Pechiney tant c'est toute une région qui est sacrifiée sur l'autel du profit des actionnaires.

Dès le début de la manifestation, le ton était donné par une visite à la chambre de commerce. Le sous-fifre de service en a pris pour plus que son grade, les salariés de Pechiney dénonçant la complicité du patronat local avec leur direction.

Puis, ce fut le tour de la mairie, qui bien que "maison du peuple", était fermée à double tour. Il faut dire que la nouvelle équipe municipale de droite compte dans ses rangs un adjoint à qui, dans les projets de la direction, aurait été confié le plan de reclassement... Une délégation a finalement été reçue, avec les résultats que l'on imagine. A la sortie, un délégué déclarait que "si Péries s'occupait de l'usine, les salariés s'occuperaient de lui !"

La manifestation s'est finalement rendue à la sous-préfecture. Là, les salariés ont pu dénoncer auprès du sous-préfet l'irresponsabilité de la direction qui n'assurait plus la sécurité du site.

C'est en sortant de cette entrevue que les salariés ont annoncé leur intention de se rendre à Paris pour obtenir l'annulation du CCE. Là, dès leur arrivée, les ouvriers de Pechiney furent encadrés par les CRS. Mais cela ne les empêcha pas d'arriver à temps sur place. D'autres CRS occupaient les tours Pechiney de la Défense. Finalement, ils restèrent deux jours à la capitale et obtinrent l'annulation du CCE.

A l'heure où nous écrivons, les travailleurs ont repris le travail. Mais déjà la journée du 22 mai qui doit voir une convergence des salariés des usines Pechiney des Pyrénées sur Saint-Gaudens se profile. Et les rues de la sous-préfecture de la Haute-Garonne n'ont pas fini d'entendre à propos de Rodier, le PDG du groupe Pechiney : "Rodier ! Fumier ! Le pouvoir aux salariés !"