Esclavage : devoir de mémoire... courte

18 Mai 2001

Jeudi 10 mai, les sénateurs unanimes ont, à la suite des députés, déclaré la traite des Noirs et l'esclavage crimes contre l'humanité. Ce sera écrit dans les manuels scolaires et l'abolition de l'esclavage aura sa date de commémoration.

On ne peut pas dire que ces élus du peuple français aient fait montre de précipitation en ce domaine. Il faut dire qu'en France nombre d'honorables familles de la haute bourgeoisie, en particulier nantaise et bordelaise, ont autrefois réalisé leur fortune "aux îles", c'est-à-dire en exploitant des esclaves, quand ce n'était pas en trafiquant du "bois d'ébène", selon la formule qu'employaient alors ceux qui pratiquaient la traite.

Eh oui, nos parlementaires font, à leur tour, acte de repentance. Cela vient rappeler que l'époque où existait l'esclavage à grande échelle, dans des Etats considérés comme à la pointe du progrès, n'est pas si lointaine. L'esclavage fut aboli en 1848 par la France, en 1864 au Etats-Unis et en 1888 au Brésil.

Mais la repentance des distingués "élus de la nation" ne va quand même pas jusqu'à demander des comptes à ceux qui doivent leur richesse au commerce et à l'exploitation des esclaves...

Vincent GELAS