Quand les syndicats proposent des journées d’action... sans se donner les moyens de leur succès

17 Novembre 2000

FO appelle à une journée d'action sur les salaires des fonctionnaires le mardi 21 novembre, jour de l'ouverture des négociations salariales dans la Fonction publique avec Michel Sapin. La CGT, elle aussi, appelle ce jour-là à un "nouveau temps fort".

Le 9 novembre dernier, à l'appel de la CGT, plusieurs milliers de personnes avaient déjà manifesté à Paris, à Marseille et dans d'autres villes de province pour protester sur les salaires et contre l'agrément du PARE par le gouvernement, qui inquiète à juste titre les chômeurs. Ces manifestations, même si elles sont restées minoritaires, même si les confédérations appelantes ne leur ont pas donné l'élan et l'ampleur souhaitables, témoignent d'un mécontentement réel.

Le mécontentement existe, et en particulier sur l'insuffisance des salaires. Il y a eu ces derniers temps, dans différents secteurs, des mouvements de grève ou des débrayages : à la SNCF par exemple, mais aussi dans de nombreuses entreprises du privé. Des travailleurs réclament à juste titre leur part des "fruits de la croissance", dont le patronat et le gouvernement se glorifient, et protestent contre la "modération salariale", contre le blocage des salaires que les patrons ont imposé avec le prétexte de l'application des 35 heures.

Cela ne suffit pas à débloquer la situation. Bien des travailleurs se croient encore impuissants face au patronat. Et il ne suffirait pas que la CGT appelle à la grève générale pour qu'aussitôt celle-ci se déclenche.

Mais cette situation peut et doit changer. S'il n'est pas possible de déclencher un mouvement d'ampleur en appuyant sur un bouton, il est possible de préparer les esprits à cette perspective et de commencer à dire nettement que c'est à cela qu'il faut se préparer et que les confédérations sont décidées à le faire. On pourrait attendre au moins cela d'elles.

Les dirigeants des centrales syndicales ont pourtant montré en 1995 qu'il était possible d'entraîner les militants et les travailleurs à se mettre en grève, d'un secteur à un autre, petit à petit. Pourquoi ne serait-il plus possible de faire la même chose aujourd'hui ? Le 21 novembre ne pourrait-il pas être une étape pour redonner cette confiance qui manque tant et pour préparer la nécessaire riposte de l'ensemble du monde du travail ?

Aline RETESSE