Mecaero Conches-Eure : des licenciements pour encore plus de profit

17 Novembre 2000

En septembre, les 42 salariés de Mecaero, à Conches (Eure), apprennent que la fermeture du site est prévue pour décembre. L'usine, qui produit des éléments de fixation pour l'aéronautique, fait partie du trust américain Fairchild Fasteners qui possède six entreprises en France.

Fin octobre, les salariés reçoivent ce que la direction appelle des "propositions de reclassement". Il s'agit de mutations dans des entreprises du groupe, en Haute-Garonne, en Haute-Savoie, près du Mans ou dans la Loire.

En fait, la direction veut purement et simplement se débarrasser du personnel en même temps que du site, car seules trois personnes envisagent de suivre. Trois autres pourraient être intéressées par des mesures d'âge. Quant au reste de l'usine, composée à près de 80 % d'ouvriers, la direction n'offre pour seule perspective que d'éventuels reclassements à l'extérieur.

Les entreprises contactées prétendent retrouver du travail aux trois quarts du personnel, dans un rayon de 30 kilomètres autour de l'usine. Même si c'était le cas, de quoi vivraient les 11 personnes qui seraient laissées pour compte ? S'agit-il d'embauches en CDD ou en CDI ? Les salaires et les horaires actuels seraient-ils garantis ? Fairchild envisage de compléter les salaires pour que nos revenus soient maintenus pendant deux ans. Et ensuite ?

Le groupe Mecaero a fait, d'après l'expert, 23 millions de francs de bénéfices pour l'année 2000. Et les salariés toucheront en novembre une prime d'intéressement !

Quant à Fairchild Corporation (le trust dont Fairchild Fasteners n'est qu'une division) il a fait près d'un milliard cent quarante-quatre millions de francs de bénéfice brut pour la seule année 2000. La direction ne s'en cache pas : c'est le chiffre qu'elle annonce fièrement sur son site Internet.

Les salariés refusent de se laisser jeter à la rue pour qu'augmentent les dividendes des actionnaires. Lors d'un premier débrayage, le 13 octobre, des panneaux protestant contre les licenciements ont été disposés dans la zone industrielle et aux entrées de Conches. La semaine suivante, une manifestation a eu lieu sur le marché. Le 8 novembre, c'est la quasi-totalité de l'entreprise, à l'appel de la CGT, qui a de nouveau débrayé pour aller protester au siège du MEDEF à Evreux. Un tract a été distribué à la population ébroïcienne et une plainte déposée aux Prud'hommes.

Alors, les licenciements pour accroître encore et toujours les bénéfices, cela suffit !