Les communiqués de Lang sur la carte scolaire

17 Novembre 2000

Un "comité interministériel pour la réforme de l'Etat", qui a planché sur des mesures destinées à simplifier les démarches administratives, proposait à l'Education nationale de remplacer le justificatif de domicile demandé jusqu'à présent pour s'inscrire dans un établissement scolaire par une déclaration sur l'honneur.

Jack Lang, l'actuel ministre de l'Education nationale, a refusé, déclarant qu'étant "attaché à la mixité sociale des établissements scolaires" [...] "la suppression trop brutale des justificatifs de domicile comporte un certain risque de remise en cause de ce principe fondamental" !

Comme si cette mixité n'était pas depuis longtemps mise en pièces, si tant est qu'elle ait jamais existé. La prétendue carte scolaire qui impose aux élèves la fréquentation d'un établissement en fonction du lieu de leur habitation n'est aujourd'hui une réalité que pour les familles les plus modestes qui n'ont guère d'autre choix.

De la maternelle à l'université, la fuite des écoles, collèges, lycées et facultés des quartiers et des villes populaires par une fraction des élèves est générale. C'est une des causes qui font de ces établissements de véritables ghettos où, hormis quelques exceptions, ne demeurent souvent que les élèves des milieux ouvriers.

Lang ne peut ignorer les mille et un moyens pour contourner la loi : des domiciliations de complaisance aux options particulières que l'on ne trouve que dans certains établissements cotés et protégés, sans parler de ces établissements où l'on ne recrute que sur dossiers. En tout cas, cela est catastrophique pour les établissements des quartiers populaires.

Car ce qui se passe à ce niveau n'est que le reflet d'une situation plus générale. Les difficultés de la mise en pratique de la carte scolaire ne sont que les conséquences de la détérioration de la situation sociale. C'est bien évidemment la liquidation de la pauvreté et des difficultés sociales qui pourrait régler ce problème. Mais il est plus facile pour Lang de pontifier sur des règlements que de parler de la réalité.

Michel ROCCO