Baisse de l’essence, où ça une baisse ?

17 Novembre 2000

Le prix de l'essence fait du yo-yo, il vient de baisser un peu (de 10 à 15 centimes environ) après avoir tellement augmenté cet été et plus récemment mi-octobre que les faibles baisses épisodiques sont quasi imperceptibles !

Devant l'impopularité de cette hausse spectaculaire qui pèse lourdement sur le budget des ménages, le gouvernement s'est engagé à ce que les taxes qui représentent 70 à 80 % du prix du carburant ne dépassent pas un certain plafond, et les a baissées de 20 centimes le 1er octobre. Mais cela n'a pas fait revenir le prix du carburant à son niveau antérieur, puisqu'il a augmenté en moyenne de près d'un franc par litre depuis un an. D'ailleurs, quinze jours après les décisions du gouvernement, les compagnies pétrolières augmentaient à nouveau en moyenne de 10 centimes le prix du litre...

La baisse de ces jours-ci proviendrait d'un cours plus favorable du dollar mais, de l'aveu même des experts, il est impossible de savoir si cela va durer puisque tout dépend des cours fluctuants du dollar, des spéculations sur le baril de pétrole et surtout du bon vouloir des grandes compagnies pétrolières internationales qui dominent le marché.

Celles-ci ont toutes affiché des profits insolents en 1999 : en hausse de 116 % pour Exxon Mobil, de 95 % pour Shell, de 165 % pour le premier semestre 2000 pour TotalFinaElf. Alors, pour imposer durablement un carburant bon marché, il suffirait de taxer lourdement les profits de ces grandes compagnies, ce qui ne serait que justice, et de supprimer les taxes prélevées par l'Etat, qui, comme toutes les taxes indirectes payées au même taux par tous les consommateurs, pèsent davantage sur les faibles revenus.

Faute de telles mesures, faire le plein continuera à emplir les poches des compagnies pétrolières et de l'Etat, et à vider toujours un peu plus les nôtres !

Claire LACOMBE