Autriche - L’incendie du funiculaire : la sécurité n’a pas de prix... ça dépend pour qui

17 Novembre 2000

Samedi 11 novembre, l'incendie du funiculaire de Kaprun, une station des Alpes autrichiennes, a sans doute fait 159 morts. La catastrophe s'est produite dans le tunnel long de 3,3 km et très fortement incliné qu'empruntait ce funiculaire pour relier la station de ski à un glacier.

L'origine de l'incendie reste à préciser, bien qu'on parle d'un court-circuit. On sait par contre que la galerie accusant une pente à 42° a fonctionné comme une cheminée et que l'effet produit a été tel qu'en plus des passagers de la rame, plusieurs personnes présentes à l'extrémité supérieure du tunnel et à 2,5 km de l'incendie ont elles aussi péri, asphyxiées par les fumées et les gaz toxiques.

Les responsables de la station ont précisé que cette installation fonctionnait sans incident depuis 1974, que toutes les rames avaient été refaites en 1994 et qu'elle figurait parmi les remontées mécaniques les plus modernes d'Autriche.

Peut-être, mais les sauveteurs ont souligné l'étroitesse du tunnel ainsi que des moyens d'évacuation limités à un étroit escalier métallique longeant les glissières du funiculaire. Du coup, parmi ceux qui avaient difficilement réussi à s'extraire de la rame, beaucoup ont péri, rattrapés par les gaz toxiques et la chaleur que dégageait ce violent incendie. Enfin, les rares survivants ont parlé d'absence d'extincteurs et de marteaux pour briser les vitres à l'intérieur de la rame, ainsi que l'absence d'un système permettant le déverrouillage des portes.

En fait, comme dans la récente catastrophe du tunnel sous le Mont-Blanc, les responsables n'avaient pas jugé utile de doubler la galerie principale d'une galerie de secours séparée. Pas plus qu'ils n'avaient jugé utile d'élargir la galerie principale, ni d'installer des portes pour limiter l'effet de cheminée en cas d'incendie. Si modernisation il y a eu, les aménagements avaient été faits ou refaits à l'économie.

L'origine de cet incendie est peut-être accidentelle, mais ses conséquences dramatiques sont le résultat d'une économie où la rentabilité dicte des priorités et passe avant bien d'autres considérations, notamment quand il s'agit de la sécurité des usagers.

R. M.