La journée d'action du 30 novembre : une étape pour préparer la suite

19 Novembre 1999

La CGT organise le mardi 30 novembre une journée nationale d'action et de manifestations à l'occasion de l'examen en seconde lecture par les députés de la seconde loi Aubry sur les 35 heures. SUD et la FSU ont décidé de se joindre à cette journée.

Par ailleurs, pour le mois de novembre, une série d'autres appels syndicaux a été lancée. Le 24 novembre, CGT, FO, CFTC et CGC appellent les salariés des magasins à faire grève et à manifester. Là encore ce sont les incidences de la mise en place des prétendues 35 heures sur les conditions de travail des employés qui sont dénoncées ainsi que la remise en cause des conventions collectives de la corporation.

Il faut souhaiter que militants et travailleurs sachent profiter nombreux de ces occasions pour montrer leur refus de mesures qui visent à dégrader les conditions de travail et de rémunération. Evidemment, toutes ces réactions contre la loi Aubry sont provoquées par les attaques des patrons qui se sont engouffrés dans la brèche ouverte par Martine Aubry. Car, indépendamment des journées citées, des débrayages et des grèves ont lieu au niveau des entreprises, contre les mauvais coups des patrons, au moment des discussions sur la mise en place de cette prétendue réduction d'horaire qu'instaure sur le papier la seconde loi Aubry.

Mais le problème que posent ces journées d'actions, outre leur dispersion, réside dans l'objectif que leur fixent les syndicats.

Thibault, le secrétaire national de la CGT, déclare qu'il faut se battre pour améliorer la loi. Or on ne peut améliorer une loi qui est destinée à favoriser les patrons en leur laissant les mains libres. Certes, les remises en cause de l'organisation du travail afin d'augmenter la productivité sans embaucher avaient commencé bien avant qu'Aubry procure au patronat de nouvelles facilités, facilités qui exigent que les travailleurs disent haut et fort " pas d'accord ! "

Mais pour que cela change, il faudrait inverser le rapport de force en faveur de la classe ouvrière. Aujourd'hui, nombre de militants et de travailleurs pensent que s'opposer aux projets patronaux, surtout encouragés par le gouvernement, est trop difficile et qu'au mieux, il est juste possible de limiter les dégâts en empêchant les patrons de revenir en arrière. Mais même pour cela, il faudrait inscrire cette journée d'action du 30 novembre dans la perspective d'une riposte plus globale. La journée du 30 novembre doit être une étape vers d'autres manifestations plus larges, dont les objectifs seraient la lutte contre les licenciement, en prenant sur les profits, en imposant un contrôle populaire sur les capitalistes des grandes entreprises et en supprimant toutes les subventions publiques à ces entreprises afin de consacrer l'argent de l'Etat aux services publics utiles à la collectivité.

C'est pourquoi les travailleurs doivent participer aux manifestations. C'est l'intérêt de tous et c'est pourquoi tous les militants syndicalistes ou politiques doivent s'efforcer d'y entraîner le plus grand nombre.