Le début d'un scandale des farines animales... françaises03/09/19991999Journal/medias/journalnumero/images/1999/09/une-1625.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Le début d'un scandale des farines animales... françaises

Alors que la France avait demandé l'interdiction des farines animales, lors d'une réunion des ministres de l'Agriculture des Quinze, ce sont des entreprises françaises productrices de ces farines qui cette fois-ci sont mises en cause.

Le 9 juin le Canard enchaîné dévoilait le contenu d'un rapport rédigé par la direction des Enquêtes et de la Répression des fraudes. Mais ce n'est qu'après la diffusion des mêmes informations par une chaîne de télévision allemande, jeudi 12 août, que la Commission européenne s'est émue de ce problème et a interpellé le gouvernement français.

Selon ce rapport, des entreprises d'agro-alimentaire, dont la Saria, qui fait partie d'un groupe assurant 45 % de l'équarrissage national, intégraient des boues de station d'épuration contenant des résidus de fosses septiques dans la fabrication des farines animales. Pour l'année 1998, une autre usine du groupe avait incorporé 3 450 tonnes de boues résultant des eaux usées. Et cela bien qu'une décision européenne eût interdit, en septembre 1991, l'utilisation de ces boues d'épuration dans les aliments composés pour animaux. Ces mesures n'ont pas été suivies d'effet. Les pouvoirs publics français, qui ont le souci d'apparaître en pointe dans ce domaine, ne l'ont guère été pour la mise en application de cette mesure. Et des entreprises comme la Saria semblent bénéficier de tolérance dans leurs manquements aux règles sanitaires.

De plus, la décision d'interdire les farines animales dans l'alimentation des bovins, sans l'interdire dans celle des porcs ou des volailles, conduit fatalement à toutes les fraudes possibles.

En réalité, la course au profit que se livrent les entreprises d'agro-alimentaire les mène à transgresser les règles les plus élémentaires d'hygiène et à faire passer au second plan la santé des consommateurs. La taille de ces entreprises entraîne des conséquences à leur échelle.

Que ce soit au travers du scandale de la " vache folle " ou de celui de la contamination des viandes par la dioxine, le laxisme et la négligence des pouvoirs publics apparaissent ouvertement. Tant que la population laborieuse ne se mêlera pas de contrôler elle-même les trusts de l'agro-alimentaire, entre autres, il n'y aura aucune garantie que les règlements pris soient appliqués dans les faits.

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