Seine-Saint-Denis : non au tri et aux économies dans l’éducation !06/03/20242024Journal/medias/journalarticle/images/2024/03/P6_College_Simone_Veil_-_Aulnay_93_-_greve_fevrier-mars_2024_-_1_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C75%2C800%2C525_crop_detail.jpg

Leur société

Seine-Saint-Denis : non au tri et aux économies dans l’éducation !

Depuis lundi 26 février, jour de la rentrée scolaire pour les académies parisiennes, dans un certain nombre d’établissements de Seine-Saint-Denis, des enseignants et le personnel de vie scolaire ont été en grève pendant une journée, voire plusieurs.

Illustration - non au tri et aux économies dans l’éducation !

À Aulnay-sous-Bois, les grévistes se sont retrouvés à plus de 80, venus de six collèges, trois lycées et une école élémentaire. Dans quatre des sept collèges de la ville, des noyaux importants ont décidé de poursuivre leur mobilisation en grève reconductible. Conscients qu’ils sont encore minoritaires, ils se sont organisés par petits groupes pour visiter les établissements les moins mobilisés. Cela a popularisé le mouvement, fait venir de nouveaux grévistes aux assemblées. Les discussions sur les revendications se sont étoffées. Dans chaque établissement il manque du personnel : ici, une enseignante partie en congé maternité non remplacée, là une AESH qui devrait accompagner un enfant handicapé, ailleurs des surveillants. Partout on trouve des locaux vétustes, des murs moisis, des fuites de toit ou de toilettes, des fenêtres qui ne ferment pas ou qui ne s’ouvrent pas. Sans parler des moyens pour travailler : un professeur des écoles raconte comment tous en sont de leur poche pour payer du matériel afin d’assurer certaines activités avec les élèves en primaire. Alors quand le gouvernement annonce la mise en place de sa réforme dite du « choc des savoirs », c’est la réforme de trop. Elle consiste à sélectionner les collégiens par groupe de niveau et chacun sait qu’un tel découpage est totalement inefficace pour faire progresser les jeunes et qu’il est extrêmement stigmatisant. Cela revient à faire un tri social dès le plus jeune âge.

Les parents d’élèves, également informés lors des distributions de tracts et tournées des écoles, se sont aussi mobilisés. Jeudi 29 février, ils ont été 250 réunis dans trois collèges différents. Des journées « collèges déserts » ont relayé la grève des enseignants qui ont pu poursuivre les discussions avec leurs collègues. Parfois, sur 600 collégiens, 30 à 50 seulement se sont présentés à la grille. Une grande majorité de parents soutiennent le mouvement. Une nouvelle réunion publique, sur l’ensemble de la ville cette fois, a rassemblé 150 personnes, organisée et animée collectivement par des enseignants du primaire, des collèges et des lycées. De nombreux parents ont dénoncé le manque de professeurs et les conditions d’accueil. Parallèlement, 200 parents se réunissaient également sur la ville voisine de Sevran.

L’assemblée des grévistes de la ville est l’élément central du mouvement. Elle est devenue un lieu d’échange et de partage des arguments, de compte-rendu des discussions et des actions, et aussi un lieu de décision des actions futures. Beaucoup, dont c’est le premier mouvement de grève, sont enthousiasmés par cette assemblée et la popularisent autour d’eux. Le mouvement s’installe et il était déjà certain que la journée de grève du 7 mars serait réussie avec pour la première fois un piquet de grève devant les sept collèges et les deux lycées de la ville et une assemblée de ville.

La grève devait être également très suivie le 8 mars, journée de lutte pour les droits des femmes. Et une manifestation se profilait pour le samedi 9 mars avec la participation des parents.

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