Migrants morts en mer : le scandale continue06/03/20242024Journal/medias/journalnumero/images/2024/03/2901.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Migrants morts en mer : le scandale continue

Une timide accalmie prévue dans le mauvais temps, les 2 et 3 mars, a signifié la mort, une fois de plus, pour des migrants en quête de survie dans un pays européen.

C’est ainsi que, dans la région de Gravelines, dans le Nord, une fillette de 7 ans s’est noyée. Cette fois, l’accident a eu lieu sur le canal de l’Aa, à une trentaine de kilomètres de la mer. Les seize migrants, dont la famille de la fillette, avaient pris place loin de la mer sur un canot de pêche-plaisance de 4 mètres. Embarquer en amont vise à contourner les brigades de surveillance nombreuses sur la côte.

La coquille de noix a sans doute chaviré sous la surcharge, provoquant le décès de la petite fille. Une dizaine d’autres enfants ont été transportés à l’hôpital.

La même nuit, des centaines d’autres personnes ont tenté la traversée de la Manche, en plusieurs points de la Côte d’Opale. Les chavirages et échouages ont provoqué encore un décès, les autres passagers ayant été récupérés par des équipes de secours, puis pris en charge par des volontaires associatifs, en particulier d’Utopia 56. Ces derniers dénoncent d’ailleurs les entraves aux soins minimum de la part des autorités. La préfecture assume : « aucune salle n’a été ouverte, ni à Dunkerque, ni à Grand-Fort-Philippe. Les personnes ont été prises en charge par les pompiers et leur état de santé, disons correct, ne nécessitait pas d’ouverture de salle. »

Le 3 mars, dans l’Atlantique cette fois, une pirogue partie de Mauritanie a chaviré au large du Cap-Vert, avant d’atteindre les Canaries. Cinq passagers sont morts noyés, un autre a succombé le lendemain et les survivants, affaiblis, ont relaté avoir été 65, venus du Sénégal, du Mali et de Mauritanie, à embarquer. Que sont devenus les autres ?

La veille, en Méditerranée, lors de la tentative de prise en charge de naufragés au large de la Libye par un navire de l’ONG Humanity 1, un homme s’est noyé tandis que des garde-côtes libyens tiraient à balles depuis leur vedette rapide sur ceux qui tentaient de surnager.

Le nombre de décès – plus de 2 500 en Méditerranée en 2023, des dizaines dans l’Atlantique et la Manche – n’arrête pas, et c’est logique, les candidats à une vie décente, ou même à la simple survie, dans les pays européens. Plus la misère et la guerre, enfantées par le capitalisme, font de victimes dans les pays pauvres jadis colonisés, plus nombreux seront ceux qui tenteront l’impossible pour les fuir. Les accueillir correctement serait bien le minimum, que cette société est incapable de leur offrir.

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