Drones kamikazes : la mort est leur métier06/03/20242024Journal/medias/journalnumero/images/2024/03/2901.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Drones kamikazes : la mort est leur métier

En visite à l’usine Delair de Labège, en Haute-Garonne, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a annoncé jeudi 29 février une commande de 2 000 drones kamikazes.

Delair, ancien fournisseur de la SNCF devenu fabricant de drones militaires, a été nouvellement promu entreprise modèle de « l’économie de guerre à la française ».

Ces drones sont des engins de moins de 2 kilos destinés à exploser au milieu d’un groupe de soldats ou de véhicules faiblement blindés. Véritables obus téléguidés, appelés « terreurs des fantassins », ils sont largement employés par les deux camps en Ukraine, en particulier pour atteindre les soldats réfugiés dans les tranchées.

La montée des tensions internationales constitue donc une excellente affaire pour Delair, dont le chiffre d’affaires va doubler en 2024 et qui utilise la guerre en cours pour tester et améliorer son matériel, sous l’impulsion des responsables politiques et militaires français. Les premières livraisons ont déjà permis d’améliorer les méthodes de lutte contre la guerre électronique qui peut affecter ces appareils. Les 100 prochains exemplaires promis à l’Ukraine devraient permettre d’améliorer leur autonomie et d’intégrer des systèmes d’intelligence artificielle pour reconnaître et détruire les cibles.

Cette guerre, menée par les grandes puissances occidentales en vue d’affaiblir la Russie et de consolider leur emprise sur l’Ukraine, constitue donc aussi un champ d’expérimentation en situation pour le développement de nouveaux instruments de mort. La commande de 2 000 drones s’inscrit d’ailleurs dans le cadre d’un projet poétiquement intitulé programme Colibri, visant à ramener le coût de ce type d’engin à moins de 20 000 euros l’unité. Il est passé auprès de deux consortiums alliant à chaque fois une entreprise de taille relativement modeste avec un pilier de l’industrie d’armement : d’un côté Delair et Nexter (2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires), et de l’autre Novadem et MBDA (4,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires).

Si les drones sont kamikazes, les industriels de l’armement, eux, ne le sont pas : ils font des profits avec la mort des autres.

Partager