Nettoyage d’Argenteuil-Bezons Habitat : “on lâche rien” !29/11/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/11/2887.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Nettoyage d’Argenteuil-Bezons Habitat : “on lâche rien” !

Depuis le début du mois de novembre, une partie des travailleurs qui assuraient le ménage des immeubles d’Argenteuil-Bezons-Habitat dans le Val-d’Oise se mobilisent pour s’opposer à leur licenciement.

À la suite d’un appel d’offres, le donneur d’ordres ABH a changé de prestataire et le nouveau, EDS-groupe Labrenne, ne veut pas reprendre 25 personnes, sous différents prétextes. De son côté l’ancien prestataire, IDF Net-Service n’a pas tardé à envoyer des lettres de licenciement pour faute à environ la moitié de ceux qui n’étaient pas repris, et commence à proposer des reclassements inacceptables à d’autres. Beaucoup de ces travailleurs sont obligés de cumuler deux temps partiels pour essayer de faire un salaire. Et si le nouveau chantier se trouve à plus de 80 km de l’ancien comme le propose parfois l’ancien patron, c’est juste impossible.

Une quinzaine de travailleurs licenciés se réunissent tous les jours dans les locaux de l’union locale CGT de Bezons pour décider d’une stratégie et organiser des actions. Ils ont ainsi organisé des prises de parole et des diffusions de tracts dans plusieurs cités des deux villes pour s’adresser aux locataires. Ils se sont aussi adressés au personnel du bailleur social ABH réuni à propos d’un problème de convention collective. Ils ont maintenu des liens avec les gardiens des immeubles dans lesquels ils travaillaient et ont réussi parfois à discuter avec d’autres travailleurs repris par EDS, qui leur ont exprimé leurs encouragements. Ils ont même pu mesurer les difficultés du repreneur à faire faire le travail sans eux. Chaque fois, alors qu’ils viennent de tous les pays, ils ont réussi à passer les obstacles de la langue pour trouver les mots, toucher et, au final, rencontrer un accueil chaleureux.

Ils ont aussi tenté à deux reprises de rencontrer le directeur d’IDF. La première fois, ce dernier ayant eu vent de la visite a préféré fermer son siège en demandant à ceux qui y travaillent de rester chez eux. Les travailleurs d’IDF étant revenus une autre fois sans prévenir, ils n’ont pas pu davantage rentrer, le directeur s’étant cette fois enfermé dans l’agence avec plusieurs autres salariés. Il a fini, en fin de journée, par faire appel à la police pour être « libéré » de cet endroit où il s’était lui même enfermé… sans se soucier du ridicule de la situation dans laquelle il s’était empêtré. Pour l’instant, la situation n’a pas évolué.

Les travailleurs mobilisés d’IDF Net-Service ne renoncent pas à imposer que tout le monde soit repris.

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