Gaza : barbarie d’État29/11/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/11/2887.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Gaza : barbarie d’État

La trêve de quelques jours négociée entre Israël et le Hamas a permis, pour la première fois depuis le début des bombardements israéliens sur Gaza, l’acheminement d’une aide humanitaire vers le nord du territoire. Elle est absolument dérisoire face à l’horreur subie par sa population depuis sept semaines.

Le nombre de 15 000 victimes est aujourd’hui atteint, selon le ministère de la Santé de Gaza, dont 70 % de femmes et d’enfants. Le New-York Times, qui reprend ces chiffres, titre que le nombre de femmes et d’enfants tués par l’armée d’Israël dépasse déjà celui de ceux tués en Ukraine. Le journal ajoute : « Ce rythme historique […] n’a guère de précédent au 21e siècle, selon des experts pour qui les victimes s’accumulent plus vite à Gaza qu’aux pires moments des campagnes menées sous l’égide des États-Unis en Irak, en Syrie et en Afghanistan, elles-mêmes amplement critiquées par des organisations de défense des droits humains ». Le même journal indique que l’armée israélienne fait usage « d’armes très puissantes dans des environnements urbains denses, avec notamment des bombes de près d’une tonne pouvant raser une tour d’appartements. » Lors des bains de sang qu’ont été les bombardements de Mossoul en Irak ou de Raqqa en Syrie, les généraux américains, pourtant peu suspects d’humanitarisme, jugeaient la bombe aérienne la plus courante, de 200 kg, trop puissante pour être utilisée. Pour trouver un équivalent, il faudrait, selon un ancien analyste du Pentagone cité par le ­Washington Post, « remonter au Vietnam ou à la Deuxième Guerre mondiale. »

40 000 tonnes d’explosifs ont été déversées sur la population palestinienne. La moitié des bâtiments ont été détruits. 1,7 million de personnes ont été déplacées, sur les 2,4 millions d’habitants. Les hôpitaux, quand ils n’ont pas été détruits, sont hors d’état de fonctionner faute d’essence et donc d’électricité.

La destruction de nombreuses infrastructures s’ajoute au blocus, aux coupures d’eau décidées par le gouvernement israélien. La malnutrition, les épidémies se développent et menacent les survivants. Ainsi, alors qu’une consommation quotidienne d’eau, pour se laver, boire et cuisiner, est estimée par l’Organisation mondiale de la santé, au minimum à 50 litres par jour par personne et 100 litres pour un réel confort, elle est à Gaza de trois litres en moyenne depuis le début du conflit.

Près de la moitié des écoles sont en ruine et 625 000 enfants sont déscolarisés. Outre les dizaines de milliers de blessés déjà recensés, les séquelles dont souffrira la population sont aussi inestimables.

Cette hécatombe est infligée à la population palestinienne par le gouvernement israélien avec le soutien politique et militaire de tous les dirigeants impérialistes. Sous prétexte de détruire le Hamas ou de libérer les otages, il s’agit de montrer à ce peuple, et à tous ceux de la région, que ce qui les attend s’ils contestent l’ordre impérialiste peut être un massacre sans pitié.

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