Emmaüs – Saint-André-Lez-Lille : la police veut intimider les grévistes29/11/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/11/2887.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Emmaüs – Saint-André-Lez-Lille : la police veut intimider les grévistes

Depuis le 1er juillet, des travailleurs sans papiers d’Emmaüs de la Halte Saint-Jean, près de Lille, sont en grève. Ils dénoncent leurs conditions de travail et surtout réclament d’être régularisés. Ni la direction d’Emmaüs ni la préfecture ne leur ont donné de réponse mais leur mobilisation a fait tache d’huile dans d’autres haltes Emmaüs de la région.

L’État refuse la régularisation de ces travailleurs sans papiers comme celles de milliers d’autres contraints de vivre et de travailler dans des conditions de plus en plus précaires. Les semaines de travail à Emmaüs durent 40 heures. Ils touchent une rémunération de 150 euros par mois, sur lesquels ils ont des charges à payer pour le logement mis à leur disposition par Emmaüs. N’étant pas reconnus comme travailleurs salariés, suite à une loi prise par Martin Hirsch, ex-président d’Emmaüs et commissaire aux solidarités actives sous Sarkozy, ils n’ont aucun droit ni statut. Lorsqu’ils sont entrés dans cette « communauté Emmaüs », la direction avait promis à ces travailleurs de les aider à être régularisés, après trois années de travail, comme le prévoit la loi. Certains ont travaillé cinq ans, sont toujours dans une situation irrégulière et sont donc en grève pour obtenir des papiers.

Jeudi 24 novembre vers 6 heures, la police est violemment intervenue dans les locaux que les grévistes occupent depuis le début, avec leurs familles. Plusieurs ont reçu des coups et ont été aspergés de gaz lacrymogène. Le matériel servant à l’installation de leur piquet de grève a été enlevé par la police, qui a aussi arraché leurs banderoles et saisi leur caisse de grève.

Dans la journée beaucoup sont venus soutenir les travailleurs d’Emmaüs, face à la police qui est restée jusqu’au soir en empêchant les grévistes de sortir des locaux. Vu l’interdiction de maintenir leur piquet dans la rue, ils l’ont déplacé derrière la grille d’entrée du bâtiment et se succèdent pour taper sur des grosses caisses sous les yeux et surtout aux oreilles des policiers postés là. Une façon de dire que leurs méthodes ne les feront pas taire.

Depuis, les grévistes ainsi qu’un militant de la CGT qui les soutient ont été convoqués au commissariat et sont menacés de poursuites pour nuisances sonores. La police est aussi intervenue pour constater des défauts électriques dans le bâtiment où ils logent. Leur sécurité serait en danger ! Évidemment ni l’État ni la préfecture, qui laissent vivre des milliers de travailleurs dans des logements insalubres voire sous les ponts ou dans des camps de fortune ne se soucient des conditions de logement de ces travailleurs. Ils cherchent à intimider les grévistes et menacent d’utiliser ce prétexte pour les expulser des locaux.

Le préfet, en faisant intervenir la police, est dans la ligne du gouvernement, qui, avec sa énième loi immigration, voudrait faire baisser encore un peu plus la tête aux travailleurs immigrés.

Ceux d’Emmaüs restent déterminés à se battre pour être respectés en tant que travailleurs, ce qui passe par le droit élémentaire d’avoir des papiers.

Partager